Crowdsourcing : exploitez l’intelligence collective
Pas obligé d’embaucher les gens pour profiter de leur talent ! Parfois, il suffit de soumettre vos défis d’affaires dans Internet pour que quelqu’un, quelque part, vous offre son aide spontanément. Bienvenue dans l’ère de l’externalisation ouverte (crowdsourcing).
Traduite aussi par « foule-traitance », l’externalisation ouverte consiste à faire appel à l’intelligence collective pour résoudre un problème, avec le soutien des technologies.
Qu’il s’agisse d’un projet créatif, d’une recherche scientifique ou d’un développement de produit, cette forme de collaboration est basée sur l’idée qu’Internet est rempli de gens intelligents et talentueux, et que certains d’entre eux seront disponibles pour répondre à votre appel.
Idéalisme ? Utopie ? À vous de l’essayer ; plusieurs l’ont fait avec succès.
UN PHÉNOMÈNE NÉ DANS LES TECHNOLOGIES
L’externalisation ouverte est née avec le mouvement des logiciels open-source et particulièrement Linux. Ce système d’exploitation a été bâti au fil des ans par des milliers d’individus et d’entreprises à travers le monde, qui ont chacun ajouté spontanément leur pièce du puzzle.
C’est sur le même modèle qu’a été bâtie l’encyclopédie libre Wikipédia, aujourd’hui
En fait, le Web lui-même est un exemple d’externalisation ouverte, puisqu’il s’est développé à partir de multiples initiatives aussi spontanées qu’éparpillées.
Des grandes inventions aux petits projets, le succès de l’opération dépend de la volonté des individus d’offrir leurs connaissances, leur expertise, leur temps ou leurs ressources, pour d’autres raisons que d’en tirer un profit immédiat.
Pour comprendre les différentes façons de recourir à l’externalisation ouverte, visionnez cette excellente vidéo créée par l’organisme Crowdsourcing.org.
UNE COLLABORATION QUI VAUT DE L’OR
Si l’externalisation ouverte a profité admirablement à des projets sans but lucratif comme Linux et Wikipédia, elle s’applique aussi à de nombreux défis de l’entreprise privée.
Ainsi, la minière canadienne Goldcorp a fait appel au grand public pour l’aider à déchiffrer les données géologiques d’un terrain de 55 000 acres à Red Lake, en Ontario. 1400 participants de 50 pays ont répondu à l’appel, incluant des géologues à la retraite, des étudiants et des militaires.
Inédite dans une industrie habituée à opérer dans le plus grand secret, cette ruée vers l’or en ligne a permis d’identifier 110 sites aurifères, dont la moitié étaient inconnus jusque là. Quatre sur cinq se sont avérés actifs. L’externalisation ouverte a vraiment été un bon filon pour Goldcorp, qui a remis 10 000 $ à chacun des 25 finalistes.
DE LA FORÊT AUX ALLÉES DU SUPERMARCHÉ
Dans le secteur forestier, on peut citer le réseau d’experts Cognitum lancé par le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ). À mi-chemin entre une bibliothèque spécialisée et un forum de discussion d’experts, cette plateforme d’échanges en ligne permet aux membres de l’industrie de trouver les meilleures réponses à leurs questions techniques, stratégiques ou opérationnelles.
Autre exemple d’externalisation ouverte, cette fois-ci appliquée au marketing : la récente campagne « La fin » de Doritos, qui a invité le public canadien à inventer la fin d’une annonce publicitaire inachevée. Le but : décider entre deux nouvelles saveurs laquelle devrait survivre en épicerie.
La gagnante, une Québécoise, a reçu 25 000 $ ainsi que 1 % des ventes futures de la saveur qu’elle a contribué à sauver. C’est donc grâce au crowdsourcing si les nouvelles croustilles Doritos goûtent les rondelles d’oignon au ketchup !
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