Difficile de s’imaginer un entrepreneur qui serait dépourvu de capacité à innover. À la base, l’entrepreneur est généralement un être créatif qui est poussé par un désir de changer les choses, d’offrir un service ou un produit différent et amélioré en comparaison avec ceux offerts sur le marché. La création d’une entreprise est donc souvent motivée par un désir d’innover.

Il n’est pas rare qu’avec les années, la créativité, et donc nécessairement la culture d’innovation, s’atténuent au sein d’une entreprise. Le succès et le temps éteignant parfois la fougue et la curiosité qui animent les entrepreneurs dans les premières années de vie de leur entreprise.

On tend à l’oublier, mais innover consiste aussi en de petits changements qui permettent d’améliorer les produits et services ou bien en maximisant la gestion de l’entreprise par de nouveaux processus. L’innovation ne se limite donc pas à la mise en marché « du » produit qui bouleversera son industrie, même si plusieurs entrepreneurs y rêvent. Dans les faits, bien peu réussiront ce tour de force. On estime qu’un entrepreneur sur 100 parviendra à révolutionner son marché (Les entrepreneurs à la rescousse, Pierre Duhamel). Il ne faut donc pas sous-estimer l’impact des petites innovations, ces petits changements, qui s’additionnent au cours des années et qui permettent à l’entreprise de suivre l’évolution du marché. Et pour ce faire, l’innovation doit être une préoccupation constante que l’entrepreneur doit partager à son équipe.

Il accorde une grande confiance à ses employés en leur laissant le soin de gérer eux-mêmes 40 % de leur description de tâches.

C’est ce qu’a fait David Côté, président et cofondateur de Crudessence. Cette entreprise, qui désire faire connaître au plus grand nombre les bienfaits d’une alimentation dite vivante, s’adapte constamment aux besoins et aux attentes de ses clients. En fait, son succès repose sur la personnalité du président, qui est curieux et à l’écoute, non seulement de ses clients, mais aussi de ses employés. Il accorde une grande confiance à ses employés en leur laissant le soin de gérer eux-mêmes 40 % de leur description de tâches. Le climat de confiance et d’autonomie pousse donc chacun à trouver des solutions, parfois simples, parfois originales aux problèmes qu’ils rencontrent, et les stimulent à proposer de nouvelles façons de faire. Par exemple, la participation de Crudessence aux Nuits Blanches de Montréal 2013 est une initiative d’une employée travaillant pour le service de traiteur. « Elle a géré le tout avec succès, et j’ai simplement coordonné ce projet en répondant à quelques courriels », partage David Côté. Une stratégie qui ne pourrait s’appliquer sans la capacité de l’entrepreneur à croire en son équipe et au désir de ses membres de contribuer au succès de l’entreprise. Car sans la volonté profonde de l’entrepreneur à vouloir stimuler un contexte où l’innovation aura sa place, il y a peu de chances que celle-ci s’installe dans la culture organisationnelle.

La méthode de David Côté pour encourager le flux des idées est accessible à toutes les entreprises, il faut simplement savoir lâcher prise et accepter que son équipe pourra vivre quelques échecs.