Vous connaissez l’adage « On n’a jamais une deuxième chance de faire une première bonne impression ». Ou, comme disent les anglophones, « You never have a second chance to make a first good impression ». C’est la raison pour laquelle vous n’iriez pas à un rendez-vous important avec des pantalons déchirés ou un tailleur taché. C’est aussi la raison pour laquelle vous lavez avec soin les vitres de votre commerce.

Pourtant, pour certains clients, une grosse faute d’orthographe, une méchante faute de grammaire, une vilaine faute de frappe en disent long sur votre distraction, votre sens du détail, votre attention, et, pour tout dire, votre professionnalisme.

Alors, un bon conseil, si vous ne voulez pas passer pour un commerçant négligé, qui reçoit ses clients avec des pantalons déchirés, derrière une vitrine toute sale : surveillez votre langage!

1. Ne sous-estimez pas l’impact d’une faute
Pour vous, une faute d’orthographe peut passer inaperçue. Vous accordez une importance relative à l’accord du participe passé. À titre personnel, vous ne vous formaliserez jamais pour une faute de frappe dans un courrier officiel. Ne croyez pas que tout le monde pense comme vous. Certains de vos clients (et ce n’est pas en lien direct avec leur niveau d’éducation) seront choqués par une faute de français ou par une coquille (une erreur de composition en typographie). À un point tel que le contenu de votre message sera relégué au second plan, tellement votre interlocuteur se concentrera sur la faute en question… Lorsque Audi a publié l’annonce suivante (à propos de l’Audi A8) : « Ses lignes empreintes de dynamisme forcent le respect et vous invite (sic) à découvrir son design intérieur », on s’est dit que si le design intérieur de leurs voitures était aussi soigné que la grammaire de leurs annonces, on avait du souci à se faire.

Vous me direz : une annonce est par définition éphémère et cette faute ne porte pas à conséquence. C’est vrai. C’est pourquoi les sacs d’emballage de cette boulangerie qui mentionne « Pain (sic) spéciaux » ou cette enseigne pour un dépanneur du boulevard René-Lévesque à Montréal, qui annonce fièrement « Bières de mircrobrasserie (sic) », causeront des dommages autrement plus durables.

2. Relisez, relisez, relisez
La correction d’une publicité, d’un dépliant ou du texte d’un site web ne doit pas se limiter à une simple relecture. Même un œil de lynx peut laisser passer des fautes grosses comme une maison. Relisez plusieurs fois. À différents moments de la journée (on a parfois l’esprit plus vif le matin, quand on est bien reposés). Et surtout, ne faites pas une confiance aveugle aux correcteurs d’orthographe. La phrase « Litière pour chat parfumé » (que j’ai vue récemment sur un emballage) est tout à fait correcte, à condition qu’on veuille indiquer que c’est le chat qui est parfumé (et, après tout, pourquoi pas?). Mais si c’est la litière qui est parfumée, alors il y a une faute d’accord… Lors de la sortie du film Robocop au début de l’année, Columbia Pictures avait approuvé une bannière publicitaire disant « Quand on n’a plus de héros, on les fabriques (sic) ». C’est vrai que le pluriel de la fabrique est les fabriques, mais quand même!

3. On n’est pas bons en tout
Si vous n’êtes pas un spécialiste de l’aménagement d’intérieur, vous voudrez peut-être confier à un(e) spécialiste le soin de décorer votre intérieur. Pareil pour l’orthographe. Si ce n’est pas votre fort, n’ayez aucun scrupule à solliciter dans votre entourage des amis, des collègues, des membres de la famille dont c’est une force. Voire des agences de rédaction ou de révision professionnelles. Les céréales Weetabix auraient eu tout intérêt à recourir à ce genre de services avant d’écrire, sur l’un de leurs emballages : « C’est pourquoi le blé que nous utilisons provient d’agriculteurs que nous avons spécialement sélectionné (sic) pour leurs façons de cultiver le blé ».

4. À l’ère des médias sociaux, la faute ne pardonne pas
Autrefois, une faute d’orthographe ou de grammaire pouvait éventuellement passer inaperçue. Et encore… À l’ère des médias sociaux, soyez assurés qu’instantanément un internaute aura repéré votre erreur et l’aura diffusée auprès de son réseau. Vous aurez beau rectifier l’erreur, le mal sera fait. En passant, les utilisateurs les plus assidus des réseaux sociaux (qui se moquent promptement des fautes des autres) ne sont pas réputés pour la qualité de leur orthographe… Mais quand le site web de la marque de cosmétiques OPI a publié sur sa page d’accueil « Faisez (sic) partie de la légende avec 6 nouvelles couleurs liquides Sand », ils sont entrés dans la légende de la Twittosphère en moins de temps qu’il en faut pour le dire…

Pour conclure, j’ai retrouvé cet extrait de la Philosophie Marketing d’Apple (une déclaration rédigée par Mike Markkula, en 1977) : « People DO judge a book by its cover. We may have the best product, the most useful software, if we present them in slipshod manner, they will be perceived as slipshod ». Soyez-en convaincus (que cela vous plaise ou non) : beaucoup de gens jugent un livre à sa couverture…


Pour sourire un peu:

Voici quelques sites qui recensent (sans pitié) les fautes, erreurs de français ou coquilles commises par des commerçants, des entreprises ou des services publics: