Dans l’usage, le terme de « mentor » renvoie à l’image d’un conseiller, sage et expérimenté, prenant en charge une recrue en vue de parfaire son apprentissage, et de lui prodiguer recommandations et direction. Même lorsqu’il fait l’objet d’un programme formel en entreprise, le mentorat conserve toute l’essence d’un élan spontané entre deux individus, l’un désirant s’inspirer de l’exemple de l’autre qui, lui, souhaite authentiquement partager son expérience. Né librement, le mentorat organique doit toutefois s’inscrire dans une certaine structure et suivre certaines règles tacites. Voyons un peu plus en détail ce qu’il est… et ce qu’il n’est pas.

PAS NÉCESSAIREMENT UNE RELATION D’AMITIÉ, MAIS LA CHIMIE EST SOUHAITABLE

Le mentorat intervient habituellement entre deux individus qui, au sein de l’entreprise, n’entretiennent pas de lien hiérarchique à proprement parler l’un par rapport à l’autre. En d’autres termes, sans ce lien de mentorat, ils ne seraient pas nécessairement amenés à travailler ensemble. Ceci permet de définir clairement le cadre de leur engagement et d’éviter des frictions qui pourraient survenir en lien avec leurs activités; le mentorat s’inscrit donc sur une base neutre, à tout le moins la plus neutre possible. À la base, il trouve sa source dans une bonne entente spontanée, un sentiment de respect partagé ou la rencontre d’affinités professionnelles entre deux individus. Dans certains cas, une amitié peut naître, au cours du temps, de cette relation mentor-élève, bien qu’elle ne soit pas une résultante automatique. Ce qui doit exister cependant, c’est une bonne chimie, des atomes crochus, une synergie des volontés. De plus, s’il peut être de bon conseil pour résoudre d’éventuelles situations épineuses rencontrées par l’élève, le mentor ne doit en aucun cas prendre position ou faire montre de favoritisme : à long terme, la situation de l’un ou de l’autre, voire même des deux, pourrait être endommagée ou compromise.

LES QUALITÉS DU MENTOR

Pour que son expérience, et celle de son élève, soit la plus enrichissante possible, le mentor doit nourrir une véritable volonté à guider et à former. Il doit en outre posséder un certain nombre de qualités : il doit être généreux, prêt à partager, ainsi que totalement disposé à exercer une écoute active et à proposer des critiques constructives. Il doit avoir confiance en lui, notamment en regard de son expérience professionnelle et de sa position au sein de l’entreprise. Et, bien sûr, il doit avoir une image très claire de ce que suppose, demande et réclame l’engagement au mentorat.

ET… « ÇA RAPPORTE »?

C’est une situation gagnant-gagnant.

Oui, et très bien, même! Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le mentorat ne nécessite pas un énorme investissement en temps; la qualité de chacune des interventions est priorisée par rapport à la quantité. Quelques exemples (tangibles) de retour sur investissement? La réduction du taux de roulement de personnel, par voie de fidélisation. Mais pas seulement : il faut également compter sur une réduction, en coûts et en temps, de la formation de l’élève qui, souvent, se sent prêt plus tôt à occuper des postes à responsabilités. C’est une situation gagnant-gagnant : l’élève enrichit plus rapidement son expérience professionnelle et la compagnie effectue une utilisation plus efficace de ses ressources humaines. De plus, l’élève a lui-même l’occasion de se sensibiliser au rôle de mentor et il sera plus à même d’assumer éventuellement ce rôle dans le futur. Le mentor, quant à lui, tire un puissant sentiment de fierté et de satisfaction de son engagement. Parfois, il pourra même devenir le témoin comblé des promotions remportées par son ou ses élèves.

Parce qu’il semble profiter à tous, le mentorat figurerait-il au palmarès des activités les plus gratifiantes, enrichissantes et rentables qui soient pour une entreprise? Qui sait…