C’est bien connu : les Québécois sont stressés. Parmi toutes les provinces du Canada, le Québec est celle qui affiche le niveau de stress le plus élevé. Selon l’enquête de Statistique Canada, un Québécois sur quatre (26%) affirme que ses journées sont «assez stressantes ou extrêmement stressantes». Un chiffre qui cache bien des maux. Le stress en entreprise est lié à l’absentéisme, une baisse d’efficacité, et oui, une diminution de la très chère productivité.

Et si on apprenait à prendre notre temps?

La qualité avant la quantité.

L’ÉLOGE DE LA LENTEUR

Le mouvement «Slow Food» a pris naissance dans les années 1990 en Italie. D’une initiative visant à rapprocher les gens de la nourriture qu’ils consomment et de prendre le temps de l’apprécier, il s’est transformé en une nouvelle façon de vivre, plus lente et plus saine. Tous les domaines y sont passés : de l’éducation des enfants à notre façon de consommer. Même le milieu du travail s’est laissé convaincre.

Si on avait à imaginer les principes du Slow Business, ils seraient en plusieurs points similaires à celui du Slow Food. La qualité avant la quantité. L’expérience et non la satiété. La lenteur avant la vitesse. Bref, plus de connexion, plus de vrai. Ces mêmes principes peuvent être appliqués en entreprise. La créativité, une arme de prédilection pour les entreprises d’ici, est décuplée dans un contexte de travail où le stress est contenu. Les études ont depuis longtemps démontré que le stress chronique dégrade considérablement une série d’habiletés nécessaires à la création et l’innovation.

DES ENTREPRISES D’ICI FAVORISENT L’ÉQUILIBRE DE VIE

Les dirigeants d’entreprises commencent à réaliser que le rythme effréné du monde corporatif a un impact négatif sur la profitabilité. De plus en plus de gestionnaires militent pour doter leur bureau d’une salle de relaxation, de yoga ou de massage. Des leaders du monde des affaires comme Jacques Guénette, président de l’entreprise DLGL, ont mis en place des approches novatrices pour diminuer au minimum le nombre d’heures de travail hebdomadaire et créer pour ses 87 employés un contexte favorable à l’épanouissement professionnel et personnel. Une semaine de travail moyenne : 35 heures. Gymnase sur place, terrain de volleyball et de badminton, collations servies deux fois par jour. Pour l’entreprise DLGL de Boisbriand, la croissance n’est pas une fin en soi. C’est l’expérience de travail qui prime. Et si l’expérience de travail est positive, les profits viendront.

À la TOHU, c’est un mercredi par mois où les employés doivent respecter un avant-midi de silence : pas de courriel, de rencontres et d’appels téléphoniques. Une manière économique de tamiser le stress en entreprise.

Récemment, une poignée d’entrepreneurs ont expliqué publiquement pourquoi ils priorisent une approche plus lente pour bâtir leur entreprise. Le fondateur de 37signals, Jason Fried, un entrepreneur web qui a le vent dans les voiles, est l’un de ceux qui croit à la stabilité plutôt qu’aux gains rapides. Son propos est simple : jamais il ne favorisera des bénéfices à courts terme contre un déclin à long terme de la qualité de vie de ses employés. Arboriculteur à ses heures, il propose une analogie assez frappante entre l’entretien d’un arbre fruitier et une entreprise. La lenteur et l’attention aux détails étant le dénominateur commun. Comme quoi, le mouvement «Slow Food» et «Slow Business» sont issus des mêmes racines.

Et vous, comment la lenteur vit-elle dans votre entreprise?