Si la productivité d’une entreprise peut être améliorée par l’acquisition de nouvelles machineries, par l’utilisation des technologies ou par une réorganisation du processus de travail, il ne faut pas sous-évaluer l’impact qu’auront des employés qui sont fortement engagés dans leur travail sur la performance de l’organisation. Surtout dans une économie du savoir.

En 2007, une étude menée auprès de 90 000 travailleurs à travers le monde (dirigée par Towers Perrin) révélait que 21 % des personnes sondées étaient très engagées dans leur travail, contre 40 % qui ne l’étaient absolument pas. Un tel désengagement ne peut faire autrement que nuire à la productivité d’une entreprise, donc à sa profitabilité.

Les entreprises dont les employés étaient peu engagés voyaient leurs revenus diminuer de 33 %.

L’étude démontrait aussi que les entreprises dont les employés étaient peu engagés voyaient leurs revenus diminuer de 33 %, alors que les entreprises dont les employés étaient fortement motivés ont vu leurs revenus augmenter de 19 %.

Pourquoi ne pas s’intéresser davantage au mieux-être de ses employés pour espérer atteindre une meilleure performance? C’est le pari qu’a pris Sony Pictures Entertainment en 2009 en instaurant le programme The Energy Project auprès de 3000 de leurs 6300 employés, comme résumé dans un article du Harvard Business Review*.

Grosso modo, la haute direction et les gestionnaires de Sony ont modifié leur façon de gérer le personnel en leur demandant moins… pour obtenir plus. Un changement de culture pour cette organisation habituée à exiger beaucoup de ses employés.

Le changement s’est opéré autour de deux grands axes. Dans un premier temps, les gestionnaires devaient comprendre (pas seulement intellectuellement, mais aussi dans leurs actions) qu’un employé ne peut donner une performance continue. Les individus naviguent entre des périodes de productivité et de concentration intenses et des moments de relâchement. De plus, les gestionnaires devaient garder en tête de nourrir les quatre besoins vitaux de leur équipe (comme définis par The Energy Project), soit la santé physique, le bien-être émotif, la clarté mentale et la santé spirituelle. Si cela peut sembler une évidence pour certains, ou ésotérique pour d’autres, ce renversement des perceptions a eu un impact positif non seulement sur les employés, mais aussi sur les résultats de l’entreprise.

Les dirigeants de Sony ont d’abord analysé leurs comportements et méthodes de gestion qui entrainaient des situations de stress ou de conflits dans l’équipe, pour ensuite se pencher sur les besoins et attentes de leurs employés.

Les résultats : 88 % des employés qui ont participé au programme disent être plus productifs qu’auparavant et 84 % répondent mieux aux attentes de leurs supérieurs.

Le cas de Sony, que nous avons résumé ici et qui mérite d’être lu en entier, démontre l’importance de demeurer à l’écoute de ses employés et d’être attentifs aux facteurs qui stimuleront un engagement fort pour l’entreprise. Le leader, faut-il le rappeler, joue un rôle crucial sur l’atmosphère qui règne dans son entreprise et sur le bien être de son équipe. Une conclusion qui peut sembler une évidence, mais qui est trop souvent oubliée dans la pratique.

*Une traduction française de cette étude de cas est disponible dans le magazine Premium de décembre 2010.