Les programmes de mentorat en entreprise connaissent un engouement de plus en plus marqué. Dans le cadre de ces programmes, deux individus – le mentor et le mentoré – établissent une relation dans laquelle le mentor partage ses connaissances et son expertise avec le mentoré. Leur but commun est de développer et de consolider les compétences du mentoré pour améliorer sa performance[1].

Le mentorat peut avoir des retombées non négligeables sur la satisfaction au travail.

Avec le départ à la retraite des baby-boomers qui s’accentue, le mentorat devient de plus en plus incontournable. Au-delà des bénéfices personnels que peut retirer le mentoré de sa relation avec le mentor (confiance accrue dans son rôle, accès à un réseau de contacts pour d’éventuelles opportunités professionnelles, etc.), les experts reconnaissent que le mentorat peut avoir des retombées non négligeables sur la satisfaction au travail du mentoré, sur son engagement face à l’entreprise, sur sa productivité et, ultimement, sur la croissance de l’entreprise[2]… en autant que certaines conditions soient rencontrées. En voici quelques-unes qui semblent faire l’unanimité parmi les experts :

1. DEMANDER À VOTRE POTENTIEL MENTOR DES CONSEILS SUR UN SUJET SPÉCIFIQUE

La personne était-elle disposée à partager son point de vue? Les conseils se sont-ils avérés utiles? Ont-ils permis de mettre en évidence d’autres aspects du sujet? Si la réponse à ces questions est affirmative, alors cette personne semble toute désignée pour devenir un mentor… en autant qu’elle accepte de jouer ce rôle.

2. IDENTIFIER LES RAISONS POUR LESQUELLES VOUS CROYEZ QU’UN MENTOR VOUS EST NÉCESSAIRE

Est-ce pour obtenir des conseils sur un projet spécifique? Est-ce pour accéder à un réseau de contacts? Ou est-ce pour valider le bien-fondé de certaines décisions? Quelle que soit la raison, il est essentiel que le mentor et le mentoré soient sur la même longueur d’onde en ce qui a trait au rôle du mentor vis-à-vis le mentoré et ce, dès le début de la relation de mentorat. Cela évitera bien des frustrations, de part et d’autre.

3. TROUVER LE BON MENTOR

Puisque la relation de mentorat se déploie généralement sur le long terme, il est important de s’assurer que la personnalité et les styles de communication du mentor et du mentoré soient compatibles et le demeurent au fur et à mesure que la relation évolue. Toutefois, dans certaines circonstances, il peut être enrichissant pour le mentoré de trouver un mentor qui ait certaines caractéristiques qui soient à l’opposé des siennes : par exemple, un mentor qui fait preuve d’extraversion pourra donner des conseils valables à un mentoré qui est plutôt introverti et qui cherche des conseils pour gérer cet aspect de sa personnalité.

4. CHERCHER LA RÉCIPROCITÉ DANS LA RELATION DE MENTORAT

Autant le mentoré est susceptible de tirer des avantages professionnels de la relation, qu’est-ce que le mentor, de son côté, retire-t-il de la relation? Certains mentors tirent leur satisfaction à se sentir utiles; d’autres, d’avoir le sentiment que leurs connaissances et leur expertise pourront servir… quelles que soient les motivations du mentor à s’investir dans la relation, les connaître permet de faire durer la relation pour qu’elle soit fructueuse et enrichissante pour les deux parties. Mais attention : certains mentors souhaitent modeler des mentorés à «leur image» : cela ne pose aucun problème si c’est bien ce que recherche le mentoré.

5. FAIRE PREUVE DE FLEXIBILITÉ

La relation de mentorat peut prendre diverses formes : des rencontres ponctuelles en face à face, par téléphone, par courriel, dans le cadre d’activités sportives, quelles que soient les formes qu’elle prend, la relation de mentorat peut être porteuse de précieux conseils.

6. ÉVITER TOUTE RELATION DE DÉPENDANCE ENTRE LE MENTORÉ ET LE MENTOR

L’aboutissement du mentorat se révèle dans la capacité du mentoré à «voler de ses propres ailes», éventuellement. Il est donc tout à fait envisageable que le mentoré accepte les conseils de son mentor et en rejette d’autres au fur et à mesure que ses compétences se consolident et qu’il ait de plus en plus confiance en lui.

7. MAINTENIR LE RYTHME

Il faut du temps et de l’effort pour entretenir une relation de mentorat, de part et d’autre. Prévoir des moments fixes au calendrier pour ces rencontres. Les tâches quotidiennes de plus en plus envahissantes peuvent rapidement occulter le mentorat. Si le mentor ne semble pas avoir le temps pour s’investir dans la relation, en trouver un autre.

8. SE FIXER DES OBJECTIFS

Fixer des objectifs au mentoré permet de suivre l’évolution de la relation et de capitaliser sur les avantages qu’elle offre. Lier ces objectifs aux orientations stratégiques de l’entreprise de façon à ce que le mentorat ait un impact plus important est une façon d’en accroître les avantages. Le mentorat est un moyen et non une fin en soi.

9. ÊTRE DISPOSÉ À ENTENDRE DES CHOSES QUI NE SONT PAS AGRÉABLES

Une relation de mentorat efficace est fondée sur l’authenticité et l’honnêteté : comment le mentoré peut-il s’améliorer s’il n’entend que des louanges de la part de son mentor? L’ouverture et l’humilité sont des qualités dont le mentoré devra faire preuve.

10. SAVOIR METTRE FIN À LA RELATION SI LES OBJECTIFS NE SONT PAS ATTEINTS

Si les contraintes du travail ne permettent plus de l’entretenir ou si la relation mentor-mentoré est devenue telle que la confiance ou l’harmonie entre les deux parties s’est effritée. Persister à poursuivre la relation ne peut mener qu’à un échec assuré.

 

Sites intéressants sur le sujet :

[1] Murray, M. (2006). «Innovations in performance improvement with mentoring», dans J. Pershing, Handbook of Human Performance Technology (p. 455-477), San Francisco: Pfeiffer.

[2] Lisa Kahle-Piasecki (2011). «Making a Mentoring Relationship Work: What is Required for Organizational Success», Journal of Applied Business and Economics, 12(1).