Groupe Deschênes, Groupe Simoneau et Laiterie Chalifoux sont des exemples d’entreprises familiales qui ont su gérer avec succès le transfert de leur entreprise à la génération suivante. Martin Deschênes, les soeurs Nancy et Maud Simoneau ainsi qu’Alain et Mélanie Chalifoux nous ont fait part de leur expérience que nous vous partagerons dans le cadre de ce dossier. Pour quelques succès, il y a malheureusement des centaines d’autres histoires d’échecs. Les statistiques sont impitoyables : seulement 10 % des entreprises survivent à la troisième génération.

La difficulté à assurer la pérennité de nos PME fragilise notre patrimoine entrepreneurial, tout ça, dans un Québec en déficit d’entrepreneurs.

Au cours des 10 prochaines années, des centaines de PME dirigées par des entrepreneurs de la génération des babys boomers seront à la recherche d’un successeur. Un successeur qui devra être, non seulement intéressé à se lancer dans la vie exigeante (mais palpitante) qu’est l’entrepreneuriat, mais qui devra détenir l’expérience et le talent nécessaires pour amener l’entreprise plus loin. Un défi colossal.

Les experts le répètent, la planification est essentielle. Les entrepreneurs doivent donc se mettre à la tâche bien avant l’appel de la retraite car on estime qu’il faut en moyenne de 5 à 10 ans de préparation. Les conseils d’un intervenant externe aident souvent à séparer le rationnel de l’émotif durant cette période charnière de la vie de l’entreprise. L’exemple de Groupe Deschênes est éloquent. Il y a quelques années, Jacques Deschênes, alors président de Groupe Deschênes, cherchait la personne idéale pour prendre sa relève. Pour l’aider à trouver le meilleur candidat, il a donc fait appel à un comité consultatif composé de gens provenant de l’extérieur de l’entreprise. À la suite de tests et d’entrevues, le comité a conclu que la meilleure personne était Martin Deschênes… le fils de Jacques. Comme quoi, un regard externe peut être très éclairant. HEC Montréal a mis sur pied un regroupement, le Centre international des familles en affaires, qui offre des conseils et des outils aux entrepreneurs qui préparent la relève de leur entreprise.

Identifier le successeur idéal, transmettre les connaissances et les valeurs de l’entreprise, préparer l’équipe au changement de garde, etc. Les défis sont nombreux et diversifiés. Trop souvent, les dimensions techniques (comptabilité, fiscalité, etc.) du transfert d’entreprise prédominent sur les aspects humains qui sont pourtant omniprésents durant cette étape très émotive de la vie d’un entrepreneur. La communication doit donc être ouverte et transparente entre le cédant et le releveur. La transmission des valeurs, le partage des émotions et des craintes doivent pouvoir faire partie des échanges. Léguer son entreprise – son bébé, diraient certains – est une étape marquante.

Il est important que la relève apporte sa couleur à l’entreprise.

Planification, communication et une bonne dose d’humilité sont donc des éléments nécessaires pour assurer la survie d’un plus grand nombre d’entreprises. Le Québec ne peut se permettre de perdre ces entreprises bâties au fil des ans. « Il est important que la relève apporte sa couleur à l’entreprise, il ne faut pas répéter tout ce qu’ont fait nos prédécesseurs », explique Mélanie Chalifoux, de Laiterie Chalifoux. La créativité et l’ardeur des jeunes générations doivent redonner un second souffle à cet héritage entrepreneurial.

À vous la parole : Seriez-vous intéressé à reprendre les rênes d’une entreprise établie pour l’amener plus loin?

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