Tout le monde connait Kodak. À une certaine époque, le nom était si fort qu’il remplaçait le mot «appareil photo» dans notre vocabulaire. Si on utilise encore certaines marques fortes pour désigner des produits comme des kleenex ou un frigidaire, le mot Kodak par contre, est de moins en moins utilisé.

Pourquoi? Au cours des dernières années, la compagnie Eastman Kodak n’a pas su saisir les opportunités du marché. Elle est aujourd’hui sous la loi de la protection de la faillite américaine. Si on a souvent utilisé l’entreprise en exemple pour leurs bons coups, voyons quelles leçons sont à tirer de leurs récents déboires.

1. Être ouvert aux nouvelles tendances
Au début des années 80, Kodak dominait le marché du cinéma et de la photographie grâce à la pellicule. En 1981, ils enregistraient des profits de 10 milliards de dollars, en bénéficiant d’une marge de profits de près de 80% sur leur produit vedette. Quand l’ère numérique a soufflé un vent de changement, l’entreprise a décidé de ne pas suivre cette tendance. Cette erreur leur est aujourd’hui très coûteuse. Bien qu’il soit difficile d’envisager un nouveau produit quand on encaisse une marge de profit importante, il est important de regarder vers l’avenir pour ne pas se faire prendre au détour. Les dirigeants de l’époque, entêtés à renier le passage au numérique, n’ont pas su agir à temps entraînant ainsi Kodak vers la faillite.

Kodak, par peur de déranger leur activité économique principale, a omis d’adapter son modèle d’affaires.

2. Revoir son modèle d’affaires même quand tout va bien
Les entreprises, surtout celles qui ont le vent dans les voiles, doivent revoir leur modèle d’affaires régulièrement. Dans une capsule avis d’expert, Yves Pigneur professeur à l’Université de Lausanne et co-auteur du best-seller mondial Business model generation, nous rappelle l’importance de revoir le modèle d’affaires même quand tout va bien.

À titre d’exemple, il mentionne des entreprises comme Apple et Amazon qui ne cessent de se réinventer. Kodak, par peur de déranger leur activité économique principale, a omis d’adapter son modèle d’affaires. Une erreur qui explique presqu’à elle seule, la fermeture, depuis 2003, de 13 usines, 130 laboratoires et 47 000 emplois. 

3. Innover ou disparaître
Que ce soit les produits offerts ou la stratégie utilisée pour les vendre, il est essentiel pour une entreprise de toujours innover. Le premier prototype d’appareil numérique à été inventé en décembre 1975 par Kodak. L’ingénieur Steve Sansson avait réussi à faire fonctionner un appareil sans pellicule. Les clichés capturés étaient envoyés sur une cassette et étaient lisibles grâce à un lecteur branché à un téléviseur. Une innovation qui n’avait rien à voir avec le procédé photographique de l’époque. Pourtant, il n’avait pas suscité un grand intérêt chez les dirigeants.

Ne pas avoir saisi le potentiel de cette technologie est probablement l’erreur la plus coûteuse de Kodak. David A. Glocker, ingénieur chez Kodak, retient une grande leçon de son ancien employeur : «Il ne faut jamais partir du principe que, simplement parce qu’on n’est pas prêt à faire quelque chose, quelqu’un d’autre ne va pas le faire à votre place”.