L’équipe de Génération INC. a rencontré Luis Cisneros, professeur à HEC Montréal et spécialiste des questions portant sur la relève familiale, lors du colloque Transfert et relève d’entreprise à HEC Montréal, le 17 octobre dernier. Voici trois conseils à retenir pour augmenter les chances du succès du transfert d’entreprise. Un résumé de notre entretien avec M. Cisneros.

1. ÉQUILIBRER LES ASPECTS TOUCHANT L’ENTREPRISE ET CEUX DE LA FAMILLE

Relever une entreprise familiale comporte plusieurs défis qui touchent des aspects de l’entreprise, de la famille et de l’actionnariat. En fait, la relève ne doit pas être vu simplement comme une étape, mais plutôt comme une phase normale de l’entreprise qui va s’étaler entre 2 et 10 ans.

Durant cette période, les dirigeants doivent céder graduellement le capital financier, l’actionnariat de l’entreprise, le pouvoir, le leadership, le réseau de contacts, ainsi que plusieurs éléments intangibles comme la culture, les valeurs et le savoir-faire.

Il est important de créer une structure de gouvernance pour la famille et une autre pour l’entreprise. Il faut établir des règles qui seront claires pour les deux parties. Par exemple, comment va-t-on déterminer les salaires pour les membres de la famille, dans quelles conditions va-t-on engager des membres de la famille, qui sera actionnaire, quels membres de la famille travailleront dans l’entreprises, etc.

2. ENCOURAGER LE « REPREUNARIAT » LORS DU CHOIX DU SUCCESSEUR

Une entreprise doit être reprise par une personne qui a un profil d’entrepreneur.

Le professeur Cisneros promeut de plus en plus de concept du « repreunariat », c’est-à-dire qu’une entreprise doit être reprise par une personne qui a un profil d’entrepreneur. On remarque dans plusieurs entreprises que le successeur est plutôt un gestionnaire. Comme M. Cisneros le rappelle, « Je n’ai rien contre les gestionnaires, bien sûr, mais pour moi, le successeur d’un entrepreneur doit être un autre entrepreneur qui s’entoure… d’une équipe d’entrepreneurs ». Les entreprises doivent s’assurer de maintenir dans l’entreprise une culture qui stimulera l’innovation et le développement de nouveaux produits, un contexte qui sera plus susceptible d’être encouragé par des entrepreneurs.

3. FAIRE APPEL À UN CONSULTANT EXTERNE

Dans une entreprise familiale, l’émotivité entre les parents et les enfants peut être difficile à gérer. C’est donc important d’avoir une personne – un coach ou un consultant externe – qui aidera le cédant et le releveur à vivre cette transition avec plus d’objectivité.

C’est une erreur de croire que cette phase peut être traversée sans aide ou accompagnement. C’est une expérience qui est vécue, pour la première fois, par les deux acteurs principaux, souvent un parent et son enfant. Il ne faut pas oublier que les sujets de discordes sont plus souvent liés à l’émotivité qu’aux questions financières et fiscales.