La rencontre d’un introverti et du réseautage ne peut pas fonctionner? Cette fausse perception vient du fait que l’on pense au réseautage uniquement tel que le pratiquent les extravertis, en s’imaginant que c’est la seule approche possible. En réalité, chaque introverti peut profiter de son réseau en s’appuyant sur ses points forts, dans le style qui lui convient. Après tout, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, est l’introverti le plus célèbre du monde et lorsqu’il a crée Facebook, il n’était pas précisément le garçon le plus populaire du campus!

L’écrivain André Gide le disait bien en jouant un peu sur les mots : «  Il faut suivre sa pente en la remontant ». Ainsi, l’un des problèmes de l’introverti est qu’il n’est pas à l’aise pour aborder une personne inconnue. Mais les réseaux sociaux lui seront très utiles : il peut échanger avec des inconnus sur Twitter, Facebook ou LinkedIn et le jour où il rencontrera l’une de ces personnes, la glace sera déjà brisée.

On admire les extravertis parce qu’ils sont capables de faire de la convivialité à partir de rien, ou presque. L’introverti n’a pas ce talent, mais il a tout de même d’autres talents, et c’est à partir de ces derniers qu’il peut trouver son entrée en matière. Pour que l’un de ces talents serve de point de départ à une discussion, il faut d’abord qu’il s’exprime. L’introverti aura tout à gagner à tenir un blogue, envoyer des articles ou des commentaires à des revues ou journaux, donner des conférences et mettre ses présentations Power Point sur Slide Share. Plus il produira de contenu à valeur ajoutée, plus il pourra diffuser largement celui-ci autour de lui et plus il aura de munitions pour démarrer une conversation ou poser une question à une personne rencontrée dans un évènement public. C’est le « pas de deux » le plus classique qui soit : vous rencontrez quelqu’un et, comme vous êtes un introverti, vous l’écoutez attentivement. Quand la personne reprend son souffle, satisfaite de l’attention que vous lui avez portée, vous en profitez pour dire quelque chose comme « … justement, à ce propos, j’ai fait/écrit la chose suivante récemment et je me demande ce que vous pensez de… ».

L’introverti peut avoir l’attention dont il a besoin si son professionnalisme et la qualité des échanges que l’on peut avoir avec lui sont connus

Les gens qui sont les premiers à chanter à la fin d’un repas de noce ou qui font s’écrouler de rires les convives au cours d’un dîner n’ont pas de problème pour être visibles. L’introverti peut avoir l’attention dont il a besoin si son professionnalisme et la qualité des échanges que l’on peut avoir avec lui sont connus, même d’un nombre limité de personnes.

En effet, le secret bien gardé du réseautage efficace est qu’il ne doit pas nécessairement porter sur un grand nombre de contacts. Beaucoup d’introvertis réussissent parce qu’ils ont développé des relation à partir de tête-à-tête qu’ils ont eu l’occasion d’avoir. Le premier moment d’une telle rencontre peut être difficile, mais se déroulera mieux s’il est bien préparé, et une fois qu’il est passé, les introvertis sont souvent capables de donner une vraie densité à une première conversation. Ces contacts de qualité peuvent devenir la porte d’entrée vers une affaire ou un nouveau travail.

La course aux cartes de visite – dont la majorité finit tôt ou tard dans la corbeille à papier – n’a souvent pas plus de résultats qu’une approche plus souple, où on prend la peine de faire un suivi avec les deux personnes rencontrées lors d’un évènement. Attention cependant, même les bons contacts s’usent et il faut en trouver d’autres. Si un réseau très étendu n’est pas forcément la panacée, il n’en demeure pas moins que votre réseau doit être vivant, actif et que vous devez profiter des occasions de nouvelles rencontres, dans des contextes variés.

Dans son récent livre Réseauter quand on déteste réseauter (Editions Transcontinental), Devora Zack souligne justement que chacun doit suivre son rythme. Faites-vous confiance et pratiquez ce qui vous ressemble, les résultats suivront.