Je me souviens de cette affiche sur le mur de la garderie de mon fils, on pouvait y lire à peu près ce qui suit : « Ce n’est pas parce qu’on aide les meilleurs à s’élever, que l’on ne s’intéresse pas aux autres. »

La citation – reprise de mémoire, donc pas littérale, vous m’en excuserez – était du père Marcel de La Sablonnière, un pionnier dans l’histoire du sport au Québec et le fondateur du Centre Immaculée-Conception, un lieu qui a vu naître des athlètes olympiques.

Sur le coup, j’avoue avoir été irritée. Puis en route vers le bureau, je ne sais pas si c’était les deux sachets de sucre que j’avais ajoutés à mon café, mais bon, mon opinion s’était adoucie.

En y réfléchissant, je trouvais ça plutôt audacieux. Et même rafraichissant. À en juger par l’apparence de l’affiche, celle-ci avait dû trôner dans l’entrée du Centre Immaculée-Conception pendant quelques années. Donc en pleine période de tout-le-monde-est-pareil-tout-le-monde-est-égal. Surtout pour ce qui touche l’éducation des jeunes.

Pourquoi je vous partage cette anecdote?

Et bien, en pensant au thème de l’excellence en affaires, je me demandais si valoriser l’excellence était digne d’une époque révolue où le narcissisme à la Donald Trump ne s’intéressait qu’à l’atteinte du sommet au détriment de tout le reste.

Ou bien, l’excellence n’était-elle pas plutôt une façon de valoriser les gens et les entreprises les plus performantes, de saluer la passion du travail, la persévérance, le désir d’être parmi les meilleurs, non pas seul, mais en groupe. Gagner, atteindre le sommet, si vous en parlez aux athlètes, procure une extraordinaire sensation de bonheur, de fierté. Un sentiment d’accomplissement extraordinaire. Et s’accomplir, se dépasser, n’est-ce pas, si l’on se fit à ce bon vieux Maslow, l’ultime besoin de tout un chacun?

Alors, je dis, oui à l’excellence. Et valorisons là tôt, chez nos enfants, et partout, peu importe la fonction occupée par l’employé dans une entreprise.

Pour poursuivre dans l’analogie sportive, le programme olympique À nous le podium, a démontré l’efficacité de viser la première place. Nous l’avons vu, les athlètes canadiens gagnent plus que jamais aux Jeux olympiques depuis l’introduction de ce programme.

Transposons ce changement de culture – l’atteinte de l’excellence – dans le monde des affaires. Un changement de culture qui est nécessaire dans une société comme la nôtre qui n’est pas poussée par le besoin de survivre, contrairement à des centaines de milliers d’entrepreneurs issus des pays du BRIC qui rêvent de se sortir de la pauvreté. Visons l’excellence, pour notre fierté, mais aussi pour améliorer notre productivité et créer plus de richesse.

Ici, je salue l’initiative du gouvernement provincial qui a mis en place le programme des Gazelles qui vise à stimuler la croissance de nos entreprises les plus prometteuses. Plusieurs entreprises québécoises ont démontré leur capacité à être parmi les meilleures au monde, mais elles ne sont pas assez nombreuses. N’ayons pas peur de stimuler et d’aider les meilleurs d’entre elles. Elles seront une formidable inspiration pour toutes les autres.

À VOUS LA PAROLE : Devrions-nous davantage valoriser l’atteinte de l’excellence dans notre société et nos entreprises?