Pour certains entrepreneurs, tout est une question d’innovation. L’avantage concurrentiel que l’entrepreneur obtient de par sa créativité doit souvent être protégé s’il ne veut pas être répliqué par ses compétiteurs. C’est dans ce sens que prend toute l’importance de protéger sa propriété intellectuelle. De façon générale, il existe quatre formes de protection de sa propriété intellectuelle.

La première catégorie de PI donne aux inventeurs, par le biais d’un brevet, le droit exclusif d’utiliser, offrir ou vendre leur invention. La Loi sur les brevets protège la réplication pour une période de 20 ans à partir de la date de dépôt de la demande de brevet dans l’ensemble du Canada. Il faut d’ailleurs souligner l’importance de la qualité de la rédaction du brevet, puisque c’est strictement à partir de l’information fournie qu’on jugera de la protection réelle. Sous cette perspective, le brevet est un moyen efficace, mais qui peut s’avérer dispendieux. Une attention particulière devrait être portée à savoir s’il est logique d’utiliser la stratégie du brevet, pour lequel le caractère nouveau et inventif du produit est primordial. Aussi, pour les entreprises en démarrage, il est parfois plus judicieux de se concentrer sur son modèle d’affaires et l’augmentation de sa clientèle, plutôt que de chercher la « reine » des protections.

Le droit d’auteur, par l’entremise de la Loi sur le droit d’auteur, permet aux auteurs d’œuvres artistiques originales d’être les seuls titulaires du droit de produire, reproduire ou jouer leurs œuvres au Canada. Cette protection est valable pendant la vie de l’auteur et pour une période de 50 ans suivant le décès de l’auteur et couvre généralement tout ce qui touche l’expression de l’idée. Notamment, une entreprise de technologies qui « code » voit l’ensemble de ses programmes (codes) informatiques protégés par le droit d’auteur.

Comme troisième catégorie, la Loi sur les dessins industriels accorde le droit aux auteurs initiaux de « designs » nouveaux d’être seuls autorisés à utiliser la forme ou la configuration de formes visuelles d’un produit distinctif dans le but d’en faire la vente (par ex., icônes d’un logiciel). Cette protection est efficace pour une durée de 10 ans à partir de l’enregistrement. À noter que déposer un dessin industriel ne protège pas l’inventeur de la fonction même de son produit.

En quatrième catégorie, on retrouve les marques de commerce, utilisées dans le cadre de la vente d’un produit ou d’un service, et qui consiste en un assemblage distinctif de mots, de formes ou d’images qui sont propres au produit ou service. Il n’est pas nécessaire qu’une marque de commerce soit enregistrée pour mettre en vigueur le droit du titulaire, quoique qu’il soit recommandé de le faire. Lors de l’enregistrement, la Loi sur les marques de commerce permet une protection pour une période de 15 ans renouvelable.

Dans le but de monétiser une invention ou une œuvre, il est possible de faire la cession (vente) de ses droits pour un montant d’argent. En ces circonstances, le titulaire perd généralement l’ensemble de ses droits au nom de celui à qui il les a cédés. Une autre méthode pour profiter monétairement d’une création consiste, pendant une période déterminée, à accorder le droit d’utiliser, de reproduire, de vendre ou de fabriquer cette création, moyennant le paiement de redevances (licences) ou d’honoraires/commissions (distribution).