Nous disposons de plus en plus d’informations de plus en plus rapidement; les cycles raccourcissent, les approches se diversifient. Et au sommet, le PDG ne doit rien manquer d’important, enchaîner les dossiers et les prises de décision.

Quatre types d’actions peuvent aider un dirigeant à gérer de façon dynamique et plus efficace cette complexité.

S’ENTOURER

Un dirigeant bien entouré ce n’est pas seulement un dirigeant qui a embauché les meilleurs spécialistes dans leur domaine. Vos directeurs ne sont pas là que pour bien diriger leur département, ils sont là pour démultiplier votre capacité de travail et d’analyse.

Sans délaisser les canaux du reporting traditionnel, renforcez la cohésion et la motivation de cette équipe de gestionnaires en les réunissant chaque semaine pendant au moins une heure. Demandez à chacun de faire un point rapide de ses problèmes du moment et faites-les tous réagir sur les questions qui vous tracassent.

Vous serez surpris de voir comment cette approche diminue la mentalité « en silo » qui caractérise encore trop d’entreprises. En écoutant les autres parler de leurs problèmes, vos gestionnaires perdront un peu de leur égocentrisme, les plus dynamiques feront bouger les plus conservateurs et tous seront contents de donner leur avis sur les problèmes des uns et des autres et sur ceux de l’entreprise en général. On dit souvent qu’un patron doit savoir écouter, encore faut-il créer les occasions où il y a quelque chose d’intéressant à entendre.

LIRE SON MÉTIER, LIRE SON MARCHÉ

Vous travaillez d’arrache-pied toute l’année pour améliorer le fonctionnement et la productivité de tous les éléments de l’entreprise. Mais ne restez pas dans le cadre de votre entreprise ou de vos concurrents directs. Dans le monde entier des gens font un métier comparable au vôtre, innovent… et se préparent à exporter leurs innovations.

Maintenez la pression sur votre équipe de direction pour qu’elle soit à l’affût de tout ce qui se passe dans votre secteur et vous communique l’information. Dans la province, au pays, mais aussi dans le monde.

Aujourd’hui plus que jamais, les entreprises qui durent sont celles qui font une lecture intelligente de leur environnement économique, mais aussi sociologique; ce qui les rend capables de reconnaître les « signaux faibles » qui sont en train de changer les règles du jeu.

Les récentes démêlées de Lassonde/Oasis avec les médias sociaux en sont un bon exemple. L’entreprise n’a pas su voir que la vieille méthode consistant à tasser les gêneurs sur le bas côté à coups de procédures trop chères est une pratique que les nouveaux consommateurs ne laissent plus passer. Pour bien diriger, il vous faut dépasser l’opérationnel et élargir votre champ de vision.

PRIORISER

Plus on en sait, plus on entrevoit des possibilités d’action et plus on a tendance à lancer des initiatives les unes après les autres. C’est une des grandes responsabilités d’un entrepreneur que de savoir jusqu’où l’entreprise et lui-même peuvent aller dans l’amélioration, la création, les réformes.

Là dessus vous ne pourrez pas trop compter sur vos chefs de département pour vous aider. Chacun de leur projet leur paraît essentiel et cela se comprend. Même si votre équipe des finances vous dit que ça passe, il y a des limites humaines à ce qu’une entreprise est capable de piloter comme changement.

Choisir c’est renoncer, et vous devez choisir tout en fuyant la facilité du « un projet à la fois ». Il faut avoir plusieurs fers au feu; mais le rôle du leader est de savoir équilibrer grands et petits projets et limiter leur nombre.

GARDEZ LE FOCUS

Restez basique en termes de management.

Avec votre équipe de direction vous avez rassemblé de l’intelligence économique et technique, lancé les projets les plus prometteurs… Ils s’enliseront si vous ne gardez pas le focus. Des projets lancés dans l’enthousiasme qui meurent peu à peu dans l’indifférence générale, on en voit tous les jours.

Sur ce point, restez basique en termes de management : une consigne donnée mais dont l’exécution n’est pas contrôlée régulièrement a beaucoup de chances de rester sans lendemain. Mettez les comptes rendus d’avancement au programme de votre réunion hebdomadaire. Gardez à portée de la main votre liste de « qu’est-ce qui est en cours dans mon entreprise » et protégez vos directeurs contre leur propre manque de focus en les questionnant régulièrement. Partez du principe qu’un projet dont vous n’avez pas de nouvelle ne va pas bien.

C’est là la conclusion – que vous connaissiez déjà – le patron peut se faire aider, mais il ne peut pas avoir les faiblesses des autres.