Ne pas avoir peur d’être un imbécile, c’est probablement la première condition pour réussir à proposer des idées qui pourront se démarquer par leur audace. C’est d’ailleurs de cette façon que Jeannot Painchaud résume sa façon de créer et de stimuler son équipe à soumettre des propositions inusitées. Si certains ont tendance à croire que c’est un exercice qui est réservé aux entreprises dites « créatives », et bien non, détrompez-­vous! Le contexte d’affaires impose maintenant aux entreprises – de tous les secteurs – d’innover. Comme l’explique Laurent Simon, professeur à HEC Montréal et cofondateur de MosaiC, les entreprises sont aujourd’hui soumises à une très forte pression due principalement à l’accélération des technologies et à une concurrence mondiale extrême. Ce besoin d’évoluer pousse les entreprises à repenser et à revoir leurs sources de création de valeur. Cet état exige de placer la production de nouvelles idées au cœur des préoccupations des gestionnaires. Des idées innovantes qui seront reprises, travaillées, bonifiées par des gens de grands talents.

Bombardier est un exemple d’entreprise qui laisse place à des idées qui peuvent – à prime abord – sembler complètement folles. À titre d’exemple, nous rappelle Laurent Simon, c’est en se demandant à quoi ressemblerait une moto à trois roues que les concepteurs de Bombardier Produits Récréatifs ont conçu le Spyder Can-­Am. Ils ont même poussé l’exercice en se demandant de quoi aurait l’air une moto à une seule roue. À partir de cette idée folle, ils ont développé un prototype qui a permis à l’entreprise d’acquérir de nouvelles connaissances qui serviront ensuite au développement de nouveaux produits.

 Il suffit parfois d’observer les pratiques et les attentes des consommateurs dans des marchés près du nôtre

Développer des idées nouvelles ou brainstormer sur des concepts fous, est-­ce un luxe réservé aux grandes entreprises? « C’est effectivement un enjeu pour les PME, confirme Laurent Simon. Le dirigeant d’entreprise a souvent le nez collé sur l’exécution et oublie parfois d’alimenter ses processus. » Pour pallier à ce manque, le professeur en management de la créativité propose aux entrepreneurs de travailler davantage en groupe et de s’ouvrir à ce qui se passe localement dans leur domaine d’activité, d’échanger et de partager. Il suffit parfois d’observer les pratiques et les attentes des consommateurs dans des marchés près du nôtre, par exemple en Ontario ou sur la côte est américaine, pour se réajuster et y puiser de nouvelles inspirations.

Pour vous aider à stimuler votre créativité dans un contexte d’affaires, essayez de recréer la dynamique de vos débuts. Les start-­up sont caractérisées par un état où la créativité est l’une des principales ressources et la prise de risque est plus importante. En vous imposant des conditions qui rappeleront celles d’une start-­up, par exemple en vous imposant un budget plus restreint ou en diminuant les heures qui y sont accordées, vous vous remettrez dans un état d’urgence qui stimule la création d’idées nouvelles. Et d’idées folles. Car d’une idée qui peut sembler folle, fini bien souvent par poindre un concept ou un produit qui saura séduire vos consommateurs.

Et vous, laissez-­vous la place aux idées folles dans votre entreprise? Si oui, quels résultats avez-­vous obtenus?