Comment naît une nouvelle idée? Bien qu’on vante depuis quelques années les mérites de la créativité, il est assez complexe d’instaurer des processus créatifs dans une organisation. Peut-être parce qu’une aura de mystère plane encore autour de la façon de générer des idées qui se démarquent. Certains mythes sont tenaces. Pour certains, la bonne idée est tout simplement tombée du ciel tandis que pour d’autres, elle est le résultat d’un esprit très créatif. Même les gens reconnus pour trouver des idées dans le cadre de leur travail ont tendance à résumer leur processus créatif par un moment d’épiphanie. Alors que souvent, l’idée « spontanée » a longtemps germé dans leur tête.

L’auteur scientifique Steven Johnson s’est intéressé au processus qui mène à la bonne idée. Dans son livre « Where Good Ideas Come From », il relate les parcours qui ont mené à la réalisation de grandes innovations. Une conférence TED, que je vous recommande, y résume son ouvrage en moins d’une vingtaine de minutes. Si ces constats ne sont pas révolutionnaires, ils déboulonnent certains mythes à propos du processus créatif et permettent d’y retenir quelques apprentissages à la portée de tous.

Trouver une idée exige du temps.

D’abord, trouver une idée exige du temps. Simpliste vous trouvez? En fait, il est plutôt réconfortant de constater que les grandes innovations ont exigé beaucoup de temps et d’essais erreurs. Trop habitués que nous sommes à devoir trouver des solutions rapides, on oublie qu’une idée – la bonne – naît rarement après quelques sessions de brainstorming. Il faut avoir la possibilité d’incuber des idées, des concepts, des solutions potentielles. Le chaos, état où une multitude d’idées cohabitent sans ligne directrice, est une étape inévitable qu’il faut apprivoiser. Il faut accepter, et ce n’est pas toujours facile dans un contexte d’affaires, que le processus en cours semble ne mener nulle part. L’idée géniale ne peut survenir d’un coup, sinon bien d’autres y auraient déjà pensé. Steven Johnson cite en exemple Charles Darwin qui a longtemps eu en tête – et sur papier – tous les éléments de sa théorie de la sélection naturelle avant d’être en mesure de l’énoncer clairement.

Ensuite, Johnson rappelle que l’inter connectivité et les échanges sont essentiels. Souvent, la paternité d’une idée est accordée à une seule personne – pensons aux découvertes scientifiques ou aux œuvres artistiques – ce qui contribue à faire oublier l’apport d’une multitude de gens qui ont contribué à sa réalisation. Les échanges et les conflits qu’engendrent les réunions de travail et le partage d’idées sont en fait des terreaux fertiles au processus créatif.

Pour ce dossier, nous sommes allés rencontrer Geneviève Grandbois, la célèbre chocolatière qui a changé notre expérience avec le chocolat, ainsi que Michel Dallaire, le designer industriel qui a conçu le Bixi, pour qu’ils nous expliquent leur façon de créer.

De ces rencontres, j’ai retenu que les recettes magiques pour générer de bonnes idées n’existent pas. Le parcours qui mène à la bonne idée exige avant tout beaucoup d’ouverture à tout ce qui nous entoure, une bonne dose de patience et… de la passion pour son travail!

Et vous, de quelle façon réussissez-vous à créer de nouvelles idées pour votre entreprise?