Lorsqu’une entreprise souhaite innover, le réflexe traditionnel est de cacher jalousement ses projets entre un petit groupe d’initiés. Mais dans notre nouvelle économie où les idées circulent librement, le secret et le contrôle ne sont plus des gages de succès. Bienvenue dans l’ère de «l’innovation ouverte», où la collaboration est reine.

L’innovation est une clé incontournable de la réussite, et le Québec est bien placé pour en profiter puisque 90 % de nos entreprises ont entre 50 et 100 employés. Selon un rapport du gouvernement américain, l’innovation est 2,8 fois plus importante dans les petites entreprises que dans les grandes, et chaque dollar investi en recherche et développement (R&D) y rapporte jusqu’à 24 fois plus !

Le problème, c’est que les PME n’ont pas toujours les moyens de mener à terme leur propre R&D, surtout dans des secteurs qui requièrent des équipements et une expertise de pointe.

L’innovation ouverte consiste à partager vos projets de R&D avec des acteurs extérieurs.

L’innovation ouverte consiste à partager vos projets de R&D avec des acteurs extérieurs, comme des chercheurs et experts spécialisés, vos fournisseurs, vos clients, ou toutes sortes d’organisations qui partagent vos défis.

Cette transparence peut être payante, car dans bien des industries, les idées sont aujourd’hui moins déterminantes que les actions. Ce n’est plus le plus intelligent, le plus gros, ni même le  premier arrivé qui gagne : c’est celui qui trouve le meilleur modèle d’affaires pour mettre en marché les nouvelles idées – les siennes et celles des autres.

Selon le Conseil de la science et de la technologie du Gouvernement du Québec, il est « capital d’accélérer l’adoption des meilleures pratiques de l’innovation ouverte » pour accroître la compétitivité de nos entreprises. Déjà, des initiatives ont vu le jour dans la province pour encourager cette nouvelle approche de l’innovation, comme le congrès « Québec en mode solutions » qui tiendra sa deuxième édition au mois de mai dans la Vieille-Capitale.

Cette rencontre entre entreprises et experts, organisée par l’agence de développement économique Québec International, a permis l’an dernier de résoudre la moitié des problèmes soumis par les entreprises participantes. Par exemple, c’est là que la papetière Kruger a trouvé comment exploiter une coucheuse à papier hors ligne dont elle ne savait plus quoi faire, en développant de nouveaux produits comme un papier à bâche destiné à préserver l’humidité des sols. Cela lui permettra d’éviter la fermeture d’une usine.

Alors, comment faire pour profiter de l’innovation ouverte dans votre entreprise ?

1. TROUVEZ LES BONS CONTACTS

Il s’agit d’abord d’identifier les personnes qui ont les ressources pour vous aider, mais aussi un intérêt à le faire : par exemple, des chercheurs qui apprécient de voir leurs théories s’appliquer en pratique, des fournisseurs qui voient une occasion de renforcer leurs liens avec vous, des clients qui seront les premiers à profiter des fruits de votre innovation, ou des entreprises qui vivent la même situation que vous dans un autre marché ou une autre région du monde.

2. GARDEZ L’ESPRIT OUVERT

L’innovation ouverte représente un changement de culture pour votre équipe de R&D, qui doit faire sauter les verrous du laboratoire pour laisser des yeux étrangers se pencher sur ses projets. L’expertise extérieure s’accompagnera sûrement de critiques et de remises en question pas toujours faciles à digérer. Outre la transparence, il faudra donc vous armer d’humilité.

3. MULTIPLIEZ LES ÉCHANGES

Pour trouver des solutions concrètes et durables, il vous faudra collaborer de façon soutenue avec vos contacts. Mais leur expertise risque d’être proportionnelle à l’encombrement de leur agenda, sans parler des distances et du décalage horaire quand ils se trouvent à l’autre bout du monde. Si l’innovation ouverte est si populaire de nos jours, c’est justement parce que les entreprises ont accès à des outils qui ont rendu la collaboration plus facile et efficace que jamais.

Cinq technologies à considérer :