Spontanément, plusieurs perçoivent le jeu comme une occasion de se divertir entre amis ou de consolider l’esprit d’équipe! Or, un jeu structuré a également une valeur éducative à la fois reconnue et sous-estimée! Reconnu par les pédagogues et les parents comme un outil d’apprentissage et de développement pour les enfants, le jeu semble perdre ses attraits pédagogiques à l’âge adulte et par le fait même dans les organisations. Pourtant, en partant du principe que le plaisir facilite l’apprentissage et que l’expérience est au cœur du développement, le « jeu sérieux » peut également être un outil au service des entreprises.

Le « jeu sérieux » devient un outil.

Malheureusement, « jouer » a souvent une connotation négative associée à des actions non créatrices de valeur pour une organisation. Parlons plutôt d’ateliers de travail, de création ou d’expérimentation, d’activités pédagogiques, de simulations ou encore de sessions de réflexion ou de remue-méninge. Dans ce contexte, le « jeu sérieux » devient un outil, et non une fin en soi, permettant d’atteindre des objectifs précis et pertinents pour l’entreprise :

-Consolidation d’équipe ou d’information
-Appropriation des objectifs, des défis ou des enjeux d’affaires
-Alignement sur les priorités d’affaires
-Réflexion sur les orientations, les axes d’innovation, les priorités stratégiques, etc.
-Élaboration d’orientations, des actions ou de pistes d’amélioration
-Formation et partage des bonnes pratiques
-Etc.

L’aspect ludique du « jeu sérieux » facilite l’atteinte de ces objectifs en dépersonnalisant les débats, réduisant les barrières, allégeant l’atmosphère et en favorisant la créativité. Pour tirer le maximum d’un « jeu sérieux », six règles d’or doivent être respectées :

1. Évitez le jeu pour le jeu : Définissez les objectifs à atteindre avant de choisir une activité d’animation ou un « jeu sérieux », déterminez les livrables attendus et assurez-vous du « buy-in » de la direction.

2. Réduisez les imprévus : Planifiez de manière détaillée la réalisation de l’activité, assurez-vous de la clarté de vos consignes d’animation et anticipez les questions, réactions et extrants afin de vous y préparer.

3. Évitez les activités à la va-vite : Prévoyez suffisamment de temps pour que tous les participants s’imprègnent de l’expérience et s’approprient les apprentissages pertinents… sans pour autant qu’ils perdent intérêt dans l’activité.

4. Évitez les fins en queue de poisson : Planifiez toujours une plénière de débriefing structurée afin de consolider les liens entre l’activité qui vient de se terminer et la réalité d’entreprise, l’utilisation des technologies peut faciliter l’organisation de plénières avec de grands groupes.

5. Évitez la redondance : Prévoyez différents types de « jeu sérieux » si vous enchainez les activités au cours d’une même session.

6. Réduisez le scepticisme : Faites parvenir aux participants une synthèse des échanges ou des livrables pour concrétiser la valeur ajoutée de l’exercice.

Ces règles vous permettront d’atteindre vos objectifs tout en optimisant la contribution de vos équipes. Elles s’appliquent également aux « jeux vidéo sérieux », la nouvelle tendance en matière d’activités ludiques de développement en entreprise. En effet, au cours des dernières années, les « jeux vidéo sérieux » ont pris une place grandissante dans les organisations qui les utilisent principalement pour recruter, communiquer, former, simuler et planifier. À titre d’exemple, selon BusinessWeek Philips, Johnson & Johnson, Alcoa, CISCO et IBM ont recours à ce genre d’outils.

En conclusion, lorsqu’elles visent des objectifs précis, les activités structurées alliant plaisir et objectifs d’affaires contribuent sans aucun doute au succès des organisations. Le jeu, c’est du sérieux!

Merci à Geneviève Dugré, directrice chez SECOR, pour sa contribution à cet article.