Quelques années après avoir vécu la complexité d’une séparation, Lyne Petit met sur le marché, en 2003, un agenda de papier pour éviter aux familles séparées de vivre des stress causés par les problèmes de communication. Désenchantée par le monde de l’édition, complexe et peu rentable, Mme Petit remise son idée.

Après quelques années en dormance, le projet ressort des boîtes et l’entreprise redémarre, mais cette fois-ci ses deux filles Pascale et Florence Petit-Gagnon embarquent dans le projet. La nouvelle version qu’elles développent tient compte d’un incontournable, qui ne l’était pas encore à l’époque du premier agenda : le 2.0. Bien que l’outil se soit transposé sur le web, Planiclik garde le même mandat : organiser et faciliter la vie des familles. 

Une passion pour l’entrepreneuriat qui voyage de génération en génération
Lyne Petit a toujours rêvé d’être entrepreneure, son père et même son grand-père l’étaient. Si son père choisissait plutôt ses frères pour travailler avec lui, la fondatrice de Planiclik, elle, s’est bien chargée de transmettre sa passion pour l’entrepreneuriat à ses filles. En fait, elles ont presque toujours travaillé ensemble. « Lorsque les filles étaient petites, j’avais une entreprise dans le textile. Elles m’ont beaucoup suivi. Je les traînais chez les fournisseurs et elles m’aidaient la fin de semaine à couper des élastiques, compter des boutons et faire des paquets pour les couturières», se remémore Mme Petit. Sa fille Pascale renchérit sur ce commentaire par une blague : «Elle nous a testées toute notre vie».

Pour les trois femmes, c’est une suite logique que d’unir leurs forces respectives autour d’un projet commun. Lyne Petit a d’ailleurs cédé son rôle de présidente à sa fille aînée, non pas parce qu’elle pense se retirer, mais plutôt pour donner la chance à Pascale de donner le meilleur d’elle-même et surtout d’évoluer. «Ça change toute la dynamique, ça défaisait l’image de la mère présidente, on est trois associés et je trouvais ça important de laisser Pascale diriger», clarifie Lyne Petit. Florence, quant à elle, met à profit son bagage en relations publiques et communication. 

Une mission qui les pousse à se dépasser
Ayant vécu elles-mêmes la dynamique tumultueuse des familles séparées, les trois femmes connaissent bien les difficultés éprouvées par leur clientèle. D’ailleurs,  l’idée d’un outil de planification est venue à Lyne Petit à la suite de son divorce et de celui de sa soeur survenu dans la même période. «Chaque dimanche, je raccrochais le téléphone en me disant : combien de parents vivent la même chose que moi?». Elle soulève également une autre problématique dont ses filles ont, malgré elle, été victimes. « Quand les parents ne se parlent pas, ils ont tendance à faire passer les messages par les enfants et c’est un rôle qu’ils détestent jouer.»

Notre but est de valoriser la famille dans un contexte de séparation.

L’équipe se dit heureuse de pouvoir travailler tous les jours sur un projet qui vient en aide aux gens. «Aujourd’hui, il y a une application pour tout, mais la plupart créent des besoins aux gens», rappelle Pascale. Elles sont conscientes que l’industrie du divorce n’est pas la plus séduisante, mais quand plus de 50% des couples finissent par se séparer, et cela seulement au Québec, il y a nécessairement un marché à conquérir. «Notre but est de valoriser la famille dans un contexte de séparation.»  

La conciliation travail-famille
Si Planiclik aide ses utilisateurs à conjuguer travail et famille, c’est une réalité à laquelle les trois actionnaires font face également, mais dans un autre registre. Comme elles sont en affaires ensemble, elles doivent être capables de faire, au quotidien, la distinction entre la soeur et l’associée bref, de concilier les deux. Peut-être est-ce un rare exemple de cordonnier bien chaussé, mais elles ne semblent pas avoir trop de difficulté à relever le défi. « Nous sommes trois personnes qui savent où elles veulent aller et nous sommes capables d’en discuter et de nous dire les vraies choses.» Quand les opinions divergent, elles font généralement confiances à la loi du nombre. «Le fait qu’on soit trois, nous aide beaucoup», explique Florence. La symbiose entre les soeurs et leur mère est bien visible. «Même si on passe la semaine ensemble, le vendredi soir on est encore ensemble et on a toujours beaucoup de choses à se dire.» 

Florence, Lyne et Pascale s’entendent sur le même but : conquérir le monde. Avec un site web et une application mobile exportable disponible en anglais et en français en plus d’un groupe de conseillers externes, espérons que leur famille unisse celles des autres.