Rémi Richard est l’un des cerveaux à l’origine de la création d’une application qui pourrait bien mettre fin à un problème qui perdure dans notre système de santé : l’attente dans les salles d’attente des CLSC et autres cliniques médicales.

Rencontre avec le cofondateur et vice-président de ChronoMétriq qui nous raconte son parcours d’entrepreneur.

D’autodidacte à entrepreneur

Le jeune entrepreneur de 25 ans n’est ni un informaticien ni un ingénieur. Mais plutôt un autodidacte qui a quitté l’université – d’abord celle de Montréal, ensuite McGill – pour apprendre par lui-même.  « J’avais de bonnes notes, mais je ne cadrais pas avec la rigidité du système universitaire. J’ai donc abandonné mes études en psychologie, et par la suite en administration. » Très curieux de tout, il se met à dévorer les livres. Spinoza, Kant, Einstein, etc. Des lectures qui l’amènent à s’ouvrir à de nouvelles idées et à raffiner sa pensée.

D’entrepreneur de subsistance à entrepreneur par choix

Évidemment, ce rythme de vie a rapidement une fin. Rémi Richard doit trouver une façon de subvenir à ses besoins. Pas question de travailler dans une boutique ou un restaurant. Son colocataire, Yan Raymond-Lalande, et lui décident d’offrir leurs services pour créer des sites web aux entreprises. Leur premier contrat : la Fondation One Drop. « On s’est dit, wow, c’est comme ça que ça fonctionne la business. J’ai adoré instantanément. On travaillait 15 heures par jour, mais c’était le bonheur », explique l’entrepreneur.

« Je ne pouvais pas imaginer un métier plus l’fun que de créer des solutions qui seraient utilisées par d’autres humains pour se simplifier la vie ou pour régler leurs problèmes. C’est là que j’ai su ce que je voulais faire de ma vie », se rappelle Rémi Richard.

Le déclic

Un soir d’hiver où il écoute le hockey avec des copains, il reçoit un appel de son père qui lui fait part de son exaspération face à la lenteur du service dans la clinique où il attend depuis 5 heures.

En raccrochant, Rémi Richard se dit qu’il doit certainement exister une solution technologique qui permettrait d’automatiser des appels pour informer les patients une fois leur tour venu. De cette façon, les patients pourraient quitter la clinique et consacrer ce temps d’attente à d’autres activités plus productives.

Essais, erreurs et… succès!

Rapidement, Rémi Richard et Yan Raymond-Lalande rassemblent autour d’eux une équipe – aux forces complémentaires – qui leur permettra de penser et de développer un prototype de l’application qu’ils désirent créer. La nouvelle entreprise techno se nomme ChronoMétriq.

« Ça nous a pris six mois avant de sortir un prototype. On a fait l’erreur de travailler en vase clos. On aurait certainement réglé bien des problèmes dès le départ si on avait travaillé en mode open source », explique l’entrepreneur.

En effet, la première version de l’application ne répond pas aux attentes des cliniques. « Disons qu’on s’est fait tourné de bord, lance Rémi Richard en riant. Ce n’était pas évident, parce que personne dans notre équipe n’avait été payé », se rappelle-t-il.

La petite équipe est donc retournée travailler sur un second prototype. Quatre mois plus tard, la nouvelle version trouve preneur chez un premier client : une clinique de Rivière-des-Prairies. « Ça a fonctionné cette fois, mais il y avait plein de bogues qu’on devait régler. La clinique nous aimait beaucoup et ça nous a aidés. On a consacré environ 5 mois au rodage et à perfectionner notre application. »

Un an et demi après le lancement de son application dans le marché, l’application Patientez librement de ChronoMétriq est de plus en plus utilisée par les patients. « Dans les cliniques où elle est offerte, l’application et utilisée par 5 patients sur 10 », un résultat au-delà des attentes des entrepreneurs et financiers qui ont analysé le plan d’affaires initial.

Les jeunes entrepreneurs ont beaucoup d’ambition. Ils rêvent que leur application puisse se retrouver dans les cliniques à travers le Canada et ailleurs dans le monde pour redonner à des centaines de milliers de gens ces précieuses minutes qu’ils pourront maintenant consacrer à faire autre chose qu’à se tourner les pouces dans une salle d’attente.

 

Sur la photo, on voit les cofondateurs de ChronoMétriq (de gauche à droite) : Rémi Richard, Max Méthot, Yan Raymond-Lalande et Louis P.J. Parent.