Tous les Québécois, sauf peut-être ceux qui s’exilent en Floride tout l’hiver, connaissent l’importance d’une bonne paire de bottes chaudes. La famille Golbert ne fait pas exception. Pour ces fabricants de chaussures depuis 5 générations, les semelles et les lacets n’ont plus de secrets. Depuis 51 ans, la compagnie Pajar fondée par Paul Golbert et aujourd’hui dirigée par Jacques Golbert fabrique des produits de grande qualité et les distribuent dans plus de 40 pays, du Canada à la Corée. 

Même si les statistiques concernant les transferts d’entreprises familiales d’une génération à l’autre sont peu reluisantes, l’entreprise Pajar semble à l’abri des tempêtes depuis un demi-siècle. Le secret du succès de la famille Golbert? Une passion pour la chaussure et des hauts standards de qualité qui sont transmis de père en fils. 

Transmettre l’héritage 
Avant de concevoir leur propre design, Pajar était une compagnie de distribution de chaussures européennes pour le marché canadien, quelque chose de rare en 1963. Ce n’est que 10 ans plus tard que Paul Golbert poursuit la tradition familiale en dessinant et fabriquant la première paire de bottes Pajar. Un savoir-faire qu’il transmet naturellement à son fils Jacques, ce que fera aussi ce dernier auprès de ses trois enfants.

L’héritage familial fait partie intégrante de la marque. Quand on entre dans leurs bureaux situés sur le Plateau Mont-Royal, des photos rassemblant toutes les générations parsèment les murs. Aujourd’hui, les trois enfants de Jacques s’impliquent dans différentes sphères de l’entreprise et ils se préparent à reprendre officiellement les rênes. De son côté, Paul Golbert, qui a pris sa retraite il y a de ça quelques années, s’implique encore un peu à titre de «consultant privilégié». 

Respecter de hauts standards de qualité
Bien que la famille Golbert soit d’origine française, leurs produits eux sont bel et bien à l’épreuve du froid canadien. Les pièces de la collection Héritage, la plus haut de gamme, sont fabriquées à Montréal et le reste de la production est répartie dans leurs usines en Europe et en Chine.  

Les produits canadiens ont la cote et Pajar ne fait pas l’exception. Leur logo, une demi-feuille d’érable, est perçu comme un sceau de qualité à l’international. 

Pour réussir sur le marché étranger, la compagnie peut aussi compter sur d’excellents distributeurs qui font la promotion de la marque. Pajar n’a jamais arrêté de faire de la distribution pour d’autres compagnies de chaussures comme Diesel ou Ralph Lauren. Jacques Golbert a donc eu la chance, avec les années, de rencontrer plusieurs distributeurs et de s’allier aux meilleurs.

Répondre à la demande
En 2010, la compagnie montréalaise a connu une expansion majeure en élargissant leur gamme de produits. Pour répondre à la demande grandissante de leurs distributeurs, ils proposent désormais une gamme complète de manteaux d’hiver, d’accessoires et de sacs. Une décision qui leur est aujourd’hui très bénéfique, puisque les consommateurs ont bel et bien répondu à l’appel.

Les dernières années n’ont pas été reluisantes pour l’industrie de la mode québécoise, avec la fermeture de deux grandes bannières canadiennes en 2014, il est rassurant de constater que certaines marques comme Pajar réussissent à tirer leur épingle du jeu et prospérer ici comme ailleurs.