Ce n’est pas tous les jours que le prestigieux magazine Forbes mentionne une entreprise en démarrage de Montréal, qui plus est dans le domaine des technologies. C’est pourtant ce qui est arrivé à Float4 Interactive, une entreprise de Montréal qui repousse les limites de l’interactivité avec des expériences aussi inattendues que mémorables.

Cet hiver, Float4 a séduit ses pairs aux États-Unis lors d’un passage remarqué au festival South by Southwest à Austin (Texas). Son mur de microtuiles invitait les participants à explorer une carte interactive de Montréal et de Québec pour en savoir plus sur les entreprises membres de la délégation québécoise à l’événement. Des animations étaient déclenchées lorsque les gens s’approchaient de l’écran, et en touchant celui-ci, ils pouvaient révéler une foule de contenus (textes, photos, vidéos…).

« Nous sommes une entreprise technologique axée sur la créativité », explique Sévan Dalkian, le président de Float4, rencontré à ses bureaux de Montréal. « Notre but ultime est de faire disparaître la technologie derrière l’expérience que l’on fait vivre.

Toutes les surfaces sont pour nous un canevas, qu’il s’agisse des murs ou des planchers

FAIRE FEU DE TOUT BOIS 

Si la jeune entreprise a déjà réussi à bien garnir son portfolio sur le marché très encombré des installations interactives, c’est grâce à sa technologie unique qui combine la détection de silhouettes, la détection de surfaces, la distorsion d’images et les rendus en temps réel.

« Toutes les surfaces sont pour nous un canevas, qu’il s’agisse des murs ou des planchers », dit Sévan Dalkian. « Notre technologie permet de transformer n’importe quel environnement avec la gestuelle, le multi-toucher, l’analyse sonore, ou encore l’interaction avec les téléphones intelligents et les tablettes. Les gens peuvent influencer le contenu qui est affiché, un peu comme dans les jeux vidéos. »

M. Dalkian sait de quoi il parle puisqu’il vient lui-même de l’industrie des jeux vidéos, comme son associé Alexandre Simionescu.

LE « BOUILLON » D’ENTREPRENDRE

« Quelque chose nous manquait dans le confort de nos emplois. Nous voulions apporter notre savoir-faire dans un contexte différent », raconte le diplômé de Polytechnique.

« L’entrepreneurship, c’est quelque chose qui bouillonne en toi. Au début, tu ne sais pas que c’est là, puis arrive un moment où tu réalises que tu dois te lancer. Nous n’avons pas dormi beaucoup dans les premiers temps, mais nous avons fini par rencontrer des gens qui ont cru en nous. »

Premier gros client : le Cirque du Soleil, rien de moins. Son fondateur Guy Laliberté cherchait un partenaire interactif dans le cadre du projet Aqua de la fondation OneDrop pour sensibiliser le public aux enjeux liés à l’eau. C’est la proposition de Float4 qui a été retenue : une enceinte de cinéma symétrique qui permettait aux gens de devenir les acteurs d’une expérience spectaculaire.

« Quand ils s’approchaient de l’écran, les vagues d’eau réagissaient avec leurs mouvements et avec ceux de leurs voisins », résume Sévan Dalkian. « C’était tout un défi pour nous. C’était notre premier contrat, il ne fallait pas se planter ! »

VERS L’ÉTAPE DE LA MATURITÉ 

Ce client prestigieux a permis à Float4 d’en séduire d’autres, incluant divers événements et grands hôtels.

Après avoir gagné en maturité, l’entreprise se questionne maintenant sur la prochaine étape. « Les enjeux changent rapidement dans notre industrie ; les outils de développement interactif sont maintenant à la portée d’un plus grand nombre », dit son président. « Il faut donc continuer à nous démarquer, et nous le faisons en mettant de l’avant l’expérience, le concept et le contenu. Notre force, c’est de bien raconter les histoires pour qu’elles aient de l’impact. »