C’est à New York que le déclic s’est fait pour Christine Renaud, fondatrice de E-180. La jeune enseignante, qui avait quitté son emploi de professeur au Québec, atterri à New York où elle produit des podcasts. Là-bas, elle s’intéresse aux réseaux sociaux qui en sont à leurs premiers balbutiements. «Plusieurs personnes, dont moi, utilisaient les réseaux sociaux pour faire des appels à tous quand on avait besoin d’apprendre quelque chose rapidement.» Cette observation combinée à son rêve de fonder une école alternative se traduit par E-180, une plateforme de jumelage qui permet d’organiser une rencontre entre deux personnes dans le but de partager leurs connaissances.

Apprendre au-delà des bancs d’école
Au départ, Christine Renaud était professeure au secondaire. Insatisfaite par les méthodes d’apprentissage, elle poursuit ses études dans le but d’acquérir les connaissances nécessaires qui lui permettront de fonder une école alternative. Elle complète donc en 2007 une maîtrise en Éducation et gestion à la Harvard Graduate School of Education

La jeune femme rêve d’un endroit où les jeunes pourraient davantage tirer profit de tout le potentiel humain. Un endroit axé sur le partage de connaissance, un modèle aux antipodes des classes silencieuses. 

Cette vision de l’éducation  été mise en valeur par le magazine Fast Company, où son entreprise figure parmi les 10 entreprises les plus innovantes de Montréal.

E-180 répond donc à cette envie de changer notre façon d’apprendre, et ce, bien au-delà des bancs d’école. «Ce qui m’intéresse, c’est le développement du potentiel et ça ne devrait pas s’arrêter une fois l’école terminée», nous partage Christine Renaud. Cette vision de l’éducation a d’ailleurs été mise en valeur par le magazine d’affaires américain Fast Company, où son entreprise figure parmi les 10 compagnies les plus innovantes de Montréal.

Savoir sortir du lot
Les abonnés d’E-180, majoritairement âgés entre 25 et 40 ans, sont prêts à oser rencontrer des inconnus. « Ce sont des gens qui s’inscrivent dans le courant de la consommation collaborative et qui comprennent les valeurs qui sont derrière le Couchsurfing ou les sites comme Airbnb, des gens qui ont envie de consommer et de voyager différemment». Au-delà des voyages, les offres les plus récurrentes sur le site tournent autour de champs aussi variés que l’entrepreneuriat ou le sport. 

Les échanges de services sont courant sur le web, mais E-180 se différencie par son approche humaine et individualisée. «La rencontre en personnes s’est imposée comme étant le moyen le plus efficace et le plus riche pour permettre aux gens d’apprendre de leurs pairs.» Selon Christine Renaud, une rencontre sera beaucoup plus fructueuse si elle se tient dans un café, par exemple, que simplement via Skype. «Quand tu rencontres quelqu’un, le contexte joue pour beaucoup : on parle de soi, de nos projets. C’est beaucoup plus humain », explique-t-elle.

Jonction entre mission et vision 
Depuis 2 ans, Christine Renaud et son associé, directeur technologique Alexandre Spaeth commencent à voir l’impact de leur travail « On est en train de transformer la façon dont les gens interagissent pour faire en sorte que les humains puissent réellement apprendre les uns des autres partout, et ce, peu importe ou l’on se trouve sur la planète.»

Avec l’application mobile qui sera bientôt disponible, l’avenir de E-180 est de permettre aux abonnés de pouvoir faire des rencontres avec des gens de partout dans le monde. Et même si le concept évolue, Christine Renaud n’a pas l’intention d’imposer des coûts à ses adeptes. Son but est d’abord et avant tout d’inspirer les gens à s’intéresser à ceux qui les entourent.