Blaise Renaud prend les rênes du groupe Renaud-Bray en janvier 2011 alors qu’il est âgé de 26 ans, mais son jeune âge ne fait pas de lui un directeur général moins impressionnant, bien au contraire! Depuis qu’il est en poste, il a non seulement ouvert 4 nouveaux magasins sous la bannière Renaud-Bray et 3 sous la bannière Foire du livre, mais il a également racheté les parts de l’entreprise pour qu’elle redevienne une entreprise familiale. 

Se préparer pour le poste
Pour diriger et porter la plus grande librairie francophone en Amérique du Nord sur nos épaules, il faut avoir une vision forte et une volonté sans borne. « La préparation c’est d’abord une question de volonté, il faut vouloir et avoir l’envie de relever des défis et de changer des choses», nous explique Blaise Renaud avec assurance.

Le jeune entrepreneur succède à son père Pierre Renaud qui a fondé la librairie, en association avec Edmond Bray, en 1965, mais cela ne l’empêche pas d’être indépendant dans sa façon de diriger l’entreprise. Blaise Renaud ne cherche pas conseil auprès de son père, il sait dans quelle direction il veut aller. En revanche, il trouve des idées dans les discussions qu’il entretient avec le fondateur, puisqu’après tout, il connaît bien l’organisme.

Il faut être capable de jeter un regard nouveau, un regard critique sur la manière dont l’organisation fonctionne.

Connaître l’entreprise comme le fond de sa poche
Avant sa nomination comme directeur général, il a occupé d’autres postes importants au sein du groupe, notamment celui de directeur commercial à l’âge de 22 ans. À ce poste, il a porté entre autres la refonte du site web transactionnel et l’ouverture d’un giganstesque entrepôt de distribution de 40 000 pieds carrés. Il considère aujourd’hui que d’avoir grandi dans l’entreprise est l’un de ses plus grands atouts. «J’ai une connaissance approfondie des mécanismes et j’insiste beaucoup là-dessus auprès des cadres supérieurs qui travaillent pour moi.» Il trouve une réelle valeur ajoutée à connaître l’ensemble des opérations : «Parler avec des employés en les regardant dans le blanc des yeux et comprendre ce qu’ils font amène une profondeur tout à fait différente comparativement au fait de ne pas savoir ce qu’ils font.» 

Même s’il connaît le groupe Renaud-Bray aussi bien que le fond de sa poche, cela ne veut pas dire qu’il empruntera les mêmes chemins que ses prédécesseurs. « Il faut être capable de jeter un regard nouveau, un regard critique sur la manière dont l’organisation fonctionne.»

La relève, une chance unique d’innover
Blaise Renaud pense beaucoup à l’avenir de son entreprise et pour réussir à concrétiser sa vision, le directeur général effectue un calcul simple : “Il faut établir sur quel critère on veut faire évoluer l’entreprise. On sait que nous ne sommes pas là où l’on veut être. Nous devrons passer par un chemin précis si l’on veut arriver à nos objectifs de croissance, de développement et de longévité.”

Ce bourreau de travail est également très conscient que dans le commerce de détail, innover est plus qu’une nécessité. « On n’a pas le choix de faire des changements parce que l’environnement autour de nous évolue très rapidement.” C’est pourquoi, il voit  son arrivée comme un tournant dans l’entreprise. «Ma motivation personnelle est dans l’évolution de la compagnie. Il me faut trouver de nouvelles manières de faire les choses avec de nouveaux marchés et de nouvelles stratégies”.

Renaud-Bray se démarque déjà de ses plus proches compétiteurs en proposant une approche «destination-cadeaux». Pour ce faire, ils ont depuis quelques années retiré les sections CD et DVD, pour laisser place à un espace cadeaux et papeterie plus important.

Un nouveau type de management
Blaise Renaud croit fermement à une approche de gestion où les dirigeants sont près de leurs employés. “Je ne suis pas très protocolaire, j’échange avec à peu près tous les employés, du moins au siège social. Peu importe ma position avec eux, je leur communique très bien mes attentes. »

Blaise Renaud fait partie de la nouvelle génération d’entrepreneurs, ceux qui préfèrent porter des espadrilles plutôt que de se confiner à un code vestimentaire “old school”. Un de ses premiers défis, lorsqu’il a pris son nouveau rôle, a été de confronter les jugements basés sur des signes extérieurs tels que l’âge ou le code vestimentaire.

Qu’il porte un t-shirt ou un veston, Blaise Renaud semble être un visionnaire qui portera le passé de la grande librairie et construira, qui sait, un futur tout aussi brillant pour celle-ci.


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