Quand prendre la relève est un jeu d’enfant

Julie Roy est présidente depuis 6 mois du Groupe Services Ménagers Roy. Une entreprise qui offre des services d’entretien d’immeubles. Sans tambour ni trompette, elle a repris les rênes de l’entreprise familiale en activité depuis 1954. «Ma nomination n’était pas une fin en soi. Un jour, j’ai été nommée présidente et le lendemain on est passé à autre chose. Pour moi l’important est de continuer à faire ce que l’on fait de mieux» dit la jeune dirigeante, mère de 3 enfants. Un exploit tout de même, si l’on considère les statistiques plutôt sombres associées au transfert d’entreprise : 30% des entreprises familiales réussissent leur premier transfert intergénérationnel et seulement 10% des entreprises survivent jusqu’à la troisième génération.

Voici pourquoi Julie Roy, entrepreneure de la troisième génération, fera mentir les statistiques. Radiographie d’un transfert d’entreprise réussi.

Je n’étais pas en compétition avec quiconque, mais il fallait que je sois capable de prendre le poste.

Mériter le respect
Issue d’une famille d’entrepreneurs, Julie Roy a toujours baigné dans l’univers des affaires. Son grand-père a fondé l’entreprise au milieu des années 50 et son père l’a reprise à son tour quelques décennies plus tard. L’entreprise Services Ménagers Roy était l’objet de toutes les conversations à la maison. Dans ce contexte propice à l’apprentissage, Julie Roy a toujours su qu’il y aurait une place pour elle dans l’entreprise familiale : «Je suis née dans une famille où rien n’était impossible. Depuis que je suis toute petite je sens que je suis en formation pour le poste que j’occupe aujourd’hui. On m’a toujours dit que j’étais capable d’aller plus loin.»

Celle qui occupe les plus hautes fonctions de son entreprise a toujours su qu’elle y parviendrait, mais elle savait aussi que cela se ferait au prix de sacrifices et d’efforts. Quitte à travailler encore plus fort pour prouver aux yeux de tous qu’elle méritait sa place. La jeune cadre l’affirme sans ménagement : «je n’étais pas en compétition avec quiconque, mais il fallait que je sois capable de prendre le poste. Pour moi d’abord et aux yeux des autres.» L’ascension, oui, mais sans passe-droits.

Cette volonté d’être reconnue pour ses capacités et non pour son patronyme s’est matérialisée par la poursuite d’études. Diplômée de l’Université McGill et détentrice d’une maitrise en finances obtenue à HEC Montréal, Julie Roy a pris appui sur des compétences techniques solides avant de faire le grand saut.

Une assurance-légitimité en quelque sorte.

Edifice-Julie-2[2][1]

De l’observation à l’action
Les débuts de Julie Roy dans l’entreprise étaient annonciateurs d’un désir de vivre des expériences professionnelles riches et variées. Adolescente, elle travaillait un été sur deux pour l’entreprise de son père, l’autre été elle allait apprendre ailleurs dans d’autres compagnies; le scénario parfait pour apprendre, découvrir et se tromper. Elle a ensuite tranquillement gravi les échelons pour travailler à temps partiel pour la directrice des ressources humaines du groupe SMR puis elle est partie travailler pour un cabinet comptable à Edmonton.

C’est à son retour qu’elle s’enracine définitivement dans l’entreprise à titre de directrice des ressources humaines, un poste qui venait de se libérer. Un emploi névralgique pour l’entreprise et pas de tout repos, avec les 1200 salariés syndiqués à l’emploi. «C’était un bon test pour moi», admet-elle candidement. Dans cet apprentissage, elle est épaulée par un allié, son grand-père, avec qui elle partage un lien privilégié. Elle se rappelle les visites qu’ils faisaient ensemble chez ses employés au travail afin de mieux comprendre leur réalité et celles de leurs clients : «j’allais le chercher à 11 heures le soir chez lui et on allait visiter nos clients de nuit. Mon grand-père a vraiment été un mentor pour moi», affirme Julie Roy.

Le poste de directrice des ressources humaines, elle l’occupera pendant 5 ans avant d’être promue au poste de Vice-Présidente exécutive. C’est à partir de ce moment qu’elle est tranquillement présentée aux clients et aux membres de la direction. Son père était toujours présent, mais elle se sentait en confiance, solidement en selle. Et puis le jour est arrivé où elle est devenue présidente. Un moment qui «a duré 10 secondes dans ma vie». Une transition naturelle, faite dans le respect de tous et chacun. À commencer par elle. Son secret ? «Je me suis assurée que tout le monde ait envie de me suivre. J’ai bâti ma crédibilité et aujourd’hui j’adore ce que je fais». Elle prend une pause et continue «je pense que ça paraît», le sourire dans la voix.

 

Vous voulez parler de relève avec d’autres entrepreneurs?

Participez au 8e Colloque sur la relève et le transfert d’entreprise de HEC Montréal et venez y entendre de nombreux entrepreneurs, dont Lino Saputo, échanger sur les défis reliés au transfert d’une entreprise.

L’événement se déroule le jeudi 31 octobre de 8 h 30 à 14 h. Inscrivez-vous en ligne dès aujourd’hui.