LightSpeed : la techno qui permet de concurrencer le e-commerce

Dax Dasilva vit une période enivrante. Son entreprise, fondée à Montréal il y a 7 ans, est passée – au cours de la dernière année et demie – de 40 à 140 employés. Bang! Une croissance phénoménale stimulée par un investissement financier de taille : 30 millions de dollars des investisseurs américains Accel Partners et des montréalais iNovia. Accel Partners ont investi, il y a quelques années, dans les stars comme Facebook, Groupon et Angry Birds.

LightSpeed réinvente le monde du commerce de détail. L’entreprise a développé des outils informatiques qui permettent aux marchants de simplifier la gestion de leur commerce tout en améliorant l’expérience de vente avec les clients. 

«Aujourd’hui, les clients entrent en boutique avec leur téléphone cellulaire et ils deviennent, du coup, plus informés que les vendeurs dans leur propre boutique», explique Dax Dasilva. «Nos outils permettent de changer ce paradigme en offrant aux vendeurs une plateforme qui leur donnera accès à toute l’information nécessaire pour répondre et devancer les attentes du client. Ils peuvent offrir toute l’information offerte sur un site de e-commerce, mais aussi leur présenter des produits complémentaires à celui qui les intéresse ou bien leur montrer ceux qui seront bientôt sur le marché», poursuit-il.

LightSpeed est utilisé dans plus de 10 000 commerces de détail situés dans une trentaine de pays.

Offrir le meilleur des deux mondes : la technologie et le contact humain
LightSpeed permet d’offrir le meilleur de l’expérience d’achat en ligne avec une touche humaine, une combinaison imbattable selon l’entrepreneur. Ce qui semble être aussi l’avis de bien des commerçants si l’on en juge par le succès de leurs produits. LightSpeed est utilisé dans plus de 10 000 commerces de détail situés dans une trentaine de pays. Pour l’instant, les principaux utilisateurs de leurs produits sont des boutiques de vêtements et de vélos pour lesquels ce type de logiciel répond parfaitement à leur réalité d’affaires. 

«Plusieurs de nos clients sont situés à New York», mentionne l’entrepreneur qui vient d’y ouvrir un bureau. «Puisque notre produit est d’avant-garde et suit une tendance récente, nos premiers clients étaient souvent des boutiques de vêtements très cool. Comme leur clientèle est branchée, les vendeurs nous ont beaucoup aidé à bonifier notre produit et notre vision en nous partageant les commentaires entendus en boutique».

Dax Dasilva croit qu’il est essentiel que les commerçants puissent offrir une expérience de haute qualité en boutique pour les consommateurs qui développent de plus en plus l’habitude d’acheter en ligne. «Déjà de nombreux commerces de vidéos, de CD et de livres ont fermé. Il faut faire en sorte que les commerces demeurent ouverts, ils contribuent directement au dynamisme des villes. La technologie peut aider ces commerces à offrir une expérience en boutique plus forte que sur le web.» 

Preuve que le contact humain n’est pas sans valeur, le géant Amazon développe une série de commerces qui auront pignon sur rue. L’autre géant du e-commerce, E-Bay, songe à l’imiter.

Pour Dax Dasilva, c’est simple : l’histoire d’une marque se vit en 3D. «On ne connecte pas émotivement avec une marque simplement via un site web. On connecte en étant en contact avec les gens rencontrés sur place, l’ambiance, le lieu, etc.». Même s’il évolue dans le domaine de la technologie depuis des années, le contact humain est fondamental pour Dax Dasilva. Rien à voir avec l’image du geek pour qui la technologie est pratiquement une religion.

De Vancouver à Montréal
Le jeune entrepreneur, né à Vancouver, a quitté sa ville natale pour s’installer à Montréal à la fin de ses études universitaires en Religion and Arts. À prime abord, ses amis et lui ont opté pour Montréal en raison de son esprit festif, mais ils y ont rapidement découvert un environnement propice aux affaires. «Contrairement à ce que l’on entend souvent, il y a un contexte et des structures à Montréal qui facilitent la création d’entreprises, beaucoup plus qu’à New York, selon l’expérience que j’ai vécue», se rappelle celui qui a lancé son entreprise avec l’aide de la Fondation du Montréal INC. et du SAJE

Les sept dernières années de sa vie d’entrepreneur l’ont obligé à repousser ses limites personnelles sur plusieurs aspects : comme expert dans son domaine, mais aussi comme gestionnaire et comme leader. Mais surtout, elles lui auront permis de constater l’impact positif et le changement que peuvent avoir les technologies dans la vie des gens. 

«Les technologies nous permettent aujourd’hui d’être beaucoup mieux informés et cela très rapidement. Nous réalisons comme espèce humaine que nous sommes de plus en plus interconnectés. On peut simplement penser à l’impact de Twitter lors de bouleversements sociaux ou politiques. Je crois que, d’ici 10 ou 20 ans, nous aurons développé une conscience collective, entre autres grâce à la facilité de s’informer, qui fera en sorte que nous tolérerons de moins en moins ce qui est nuisible pour l’humanité», conclut avec philosophie Dax Dasilva.