Améliorer la productivité d’une entreprise peut se décliner de plusieurs manières : réorganisation du travail, formation des employés, apport des technologies, réseau de distribution, etc. Peu importe la taille de l’entreprise, la préoccupation des enjeux de productivité est constante.

Comment s’y prend une PME qui doit répondre à des enjeux de productivité avec des moyens limités? Nous avons discuté avec Élisabeth et Élaine Bélanger, deux soeurs à la tête de la Maison Orphée, une entreprise de Québec qui produit et vend ses huiles, vinaigres et condiments dans plus de 1800 points de vente à travers le Canada. Les bouteilles au design épuré et moderne se retrouvent autant sur les étagères des grandes chaines d’alimentation que sur celles des épiceries fines.

« Améliorer la productivité d’une entreprise, c’est un défi de tous les jours, explique d’entrée de jeu Élaine, vice-présidente. Même si on développe une grande variété de produits qui sont distribués à travers le pays, on a des moyens limités. Ça demande donc beaucoup d’ingéniosité. »

Si les deux entrepreneures avouent spontanément qu’il y a encore bien des choses qui pourraient être bonifiées, elles constatent que l’entreprise est toutefois nettement plus productive qu’il y a quelques années. Le désir de s’améliorer constamment fait partie de l’ADN de ces femmes d’affaires.

« On se mesure, on va chercher des conseils provenant de l’externe, on forme nos employés, on fait beaucoup de choses, mais évidemment, il y a toujours place à l’amélioration, » ajoute la présidente, Élisabeth Bélanger.

Une entreprise est un organisme vivant

Pour une entreprise qui fabrique elle-même ses huiles de sésame, de noix, ses vinaigres de cidre et une variété de condiments biologiques, la technologie joue évidemment un rôle important. « Il y a quelques années, on a fait l’acquisition d’équipements qui sont polyvalents, c’est une façon pour nous d’être plus productifs. Mais on atteint déjà les limites de certains types d’équipements, il faut donc voir ce qu’on fera pour la suite des choses. Est-ce qu’on engage d’autres employés, est-ce qu’on augmente l’espace dans nos entrepôts? »

Une entreprise est un organisme vivant, poursuit Élaine. « Si ton équipe n’est pas bien, si tes équipements ne sont pas performants ou sécuritaires, si les employés doivent toujours déplacer deux, trois objets pour trouver ce qu’ils cherchent, tout ça joue sur la productivité de ton entreprise. »

Élisabeth et Élaine Bélanger croient beaucoup en l’importance de demeurer près de leurs employés pour bien comprendre le travail qu’ils doivent exécuter chaque jour. « Il faut être sur le plancher, ajoute Élaine. Tu ne peux jamais être trop près de la réalité. Si tu veux prendre les bonnes décisions pour être productif, il faut que tu connaisses bien ton équipe et leur méthode de travail. Sinon, tu t’appuies sur de la théorie et des « je pense que », ce sera peut-être correct, mais ce ne sera jamais aussi efficace que de prendre le pouls sur le terrain. »

Les deux entrepreneurs rappellent qu’il est facile de reporter les enjeux de productivité à plus tard pour prioriser des défis d’affaires plus sexy comme le développement de nouveaux produits ou les stratégies de croissance. « C’est certain qu’on est toujours plus tenté de travailler sur de nouveaux projets, mais tout ce qui se passe sous la couverture, comme l’illustre Élaine en faisant référence au fonctionnement de l’entreprise, si tu laisses aller les choses, il y a un moment où tu vas réaliser que ton entreprise n’est plus performante ou sécuritaire. »

S’inspirent-elles de la célèbre méthode des 5S de Toyota ? « On s’en inspire, mais je ne peux pas dire qu’on en est des queens, répond Élaine. On n’hésite pas à aller consulter des spécialistes à l’externe. On ne pense pas qu’il y a « une » méthode qui fonctionne en particulier. Pour nous, c’est un melting-pot de solutions. Ce n’est pas tant la méthode qui nous intéresse, que le résultat. »

Les deux femmes d’affaires profitent même de leur plaisir d’apprendre au contact de gens passionnés par leur travail pour trouver des moyens d’améliorer leur productivité. Par exemple, elles visitent régulièrement leurs fournisseurs, ce qui leur permet de s’inspirer de leur façon de faire pour trouver des solutions à leurs enjeux de productivité.

« On visite des entreprises et ça nous inspire, mentionne Élisabeth. Pas seulement pour améliorer notre mode de fabrication, mais pour trouver des moyens plus efficaces de recevoir notre marchandise, de passer des commandes, pour améliorer le processus de vente, la façon de gérer son équipe ou même l’aménagement des locaux. »

Stimulées par de nouveaux défis, les sœurs Bélanger poursuivent la croissance de l’entreprise dans laquelle elles travaillent depuis la fin de leurs études universitaires, il y a près de 20 ans. Tout en poursuivant la pénétration du marché canadien, la Maison Orphée entame maintenant une percée aux États-Unis. « On travaille les marchés des côtes est et ouest américaines. Nous en sommes aux balbutiements, on commence à y envoyer nos produits. Les deux prochains mois vont nous donner plusieurs indications. Pour l’instant, c’est bien parti », lancent les deux sœurs enthousiastes.

La French touch des huiles de la Maison Orphée semblent déjà séduire les Américains. Le charme opèrera-t-il? À voir. Pour l’instant, les deux sœurs maintiennent leur lancée avec l’éternel souci de développer des produits de qualité pour tous ceux qui apprécient les plaisirs de la table.

« On aime ce qu’on fait et on aime le travail bien fait » répond Élisabeth lorsqu’on lui demande le secret de leur succès. « Notre entreprise, c’est notre projet. Quand je me lève le matin, c’est pour poursuivre tout ça. C’est l’fun de travailler en équipe, c’est l’fun de prendre certains risques. C’est l’fun de dire “j’aimerais faire ça” et de le faire », conclue Élaine.

Élisabeth Bélanger répond au questionnaire Génération INC. 

Élaine Bélanger répond au questionnaire Génération INC.