Surfer sur la vague que l’on crée

Les vedettes d’Hollywood, les yogis et les fashionistas l’ont déjà adopté, mais il se peut très bien que vous en ayez peut-être jamais entendu parlé…

C’est parce que vous n’avez pas encore rencontré Simon Bertrand, le président de la boisson cool Rise kombucha. Kom-bu-quoi? Cette boisson populaire en Californie, s’obtient par un processus similaire à celui de la bière, mais ne contient aucun pourcentage d’alcool. On en boit pour éliminer les toxines, stimuler l’énergie ou favoriser la digestion.

Si c’est assez merveilleux pour que la Californie en soit accroc, pourquoi est-ce que votre épicier n’en propose pas encore? C’est simplement parce que le kombucha commence à gagner en popularité.

Une démarche naturelle
Simon Bertrand est un yogi, amoureux de plein air et homme d’affaires. Depuis toujours, c’est un grand consommateur de produits naturels. « J’ai toujours eu une démarche où j’essayais de trouver des produits intéressants qui correspondent à mes valeurs ». Engagé socialement, militant et écolo, Simon se dirigeait vers une carrière musicale, mais un déclic s’est fait lorsque ses amis ont fondé, en 2008, le premier restaurant Crudessence.

« À ce moment là, j’ai fait le constat que si je voulais moi aussi être un acteur positif dans la société, je devais utiliser le système capitaliste pour le transformer un peu, le rendre meilleur », dit celui qui était motivé par la vison engagée de l’entreprise d’alimentation saine.

Il travaille pour les restaurants Crudessence où il est en charge de positionner sur le marché un de leur  produit phare : les boissons de kombucha. Les fondateurs du restaurant misaient beaucoup sur cette boisson, dont le processus remonte à plus de 2000 ans, après avoir constaté son regain de popularité sur la côte ouest des États-Unis au début des années 2000.

Un produit qui fonctionne
Aujourd’hui président, Simon Bertrand a joué tous les rôles dans l’entreprise : brassage, livraison, comptabilité. Il décrit d’ailleurs cette période comme très formatrice. Ils sont maintenant une trentaine d’employés, dont un micro-biologiste uniquement attitré à la production de la boisson Rise. Pour en arriver à cette expansion, ils se sont fiés à leur mode de vie. Leur vision était simple : si le kombucha collait bien à leur style de vie, il allait plaire aussi à leur petite communauté. 

« Quand on a lancé les boissons kombucha à Montréal, on a eu des ventes instantanées. Un petit segment du marché, environ 2% de la population, connaissait déjà les vertus du kombucha. Ils étaient heureux qu’enfin une compagnie en propose au Québec », explique Simon Bertrand.

Depuis, les ventes doublent chaque année et l’intérêt des consommateurs envers cette boisson est grandissant. Un effet collatéral qui vient de la vague «santé» que nous vivons actuellement.

« La quantité d’information négative qui circule à propos des boissons énergisantes et des boissons gazeuses sensibilise les gens à l’importance de consommer des produits santé. Cela permet à Rise d’en sortir gagnant. »

Rester les premiers
Évidemment, si l’intérêt des consommateurs augmente, l’intérêt des compétiteurs aussi. En moins de 10 ans, ils sont passés de 5 à 150 brasseurs de kombucha en Amérique du Nord, seulement.

Pour répondre à cette compétition toujours plus vive, Crudessence kombucha a pris un tournant en 2012 pour devenir Rise, un nom plus facile à exporter et un look plus attrayant sur les tablettes. Pour la première fois, ils jugent que même en magasin d’alimentation classique, leur produit peut aller chercher des clients. 

Avec notre nouvelle image de marque, on s’est donné l’objectif de cibler le grand public, tout en restant authentique.

Sur leurs 1300 points de vente au Canada, environ 150 sont des supermarchés. Un nombre considérable quand on sait qu’il y a deux ans, uniquement deux épiceries avaient répondues à l’appel. Le reste est réparti dans les épiceries spécialisées, les restaurants et les cafés des grandes villes. 

En plus du tournant santé, Simon Bertrand estime que les médias et le bouche à oreille sont deux facteurs qui augmentent considérablement la popularité de son produit.

« On a l’intention de bâtir une marque qui a une personnalité intéressante et qui est impliquée socialement, par un programme de consigne de bouteille ou en s’associant à des organismes environnementaux. Rise sera un acteur positif de la société, comme je l’ai toujours souhaité en me lançant en affaires », conclut l’entrepreneur.

 

crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin