Marc DeSerres est à la tête de l’entreprise familiale DeSerres depuis 1976. Fondée par son grand-père Omer DeSerres en 1908, l’entreprise qui a longtemps porté le nom du fondateur s’est métamorphosée au fil des décennies. Comme le dit lui même Marc DeSerres, « DeSerres, c’est trois générations, trois commerces différents ». L’histoire de cette entreprise démontre la grande capacité pour cette famille d’entrepreneurs à s’adapter aux aléas du marché et des changements qui surviennent inévitablement en affaires. Si au début du siècle les magasins étaient surtout des quincailleries, ils se diversifient et deviennent l’équivalent d’un magasin général dans les années 50. C’est une époque faste pour l’entreprise, qui est alors dirigée par Roger DeSerres, le père de Marc.

Dans les années 60 et au début des années 70, l’entreprise périclite avec l’arrivée des compétiteurs tels que Pascal et Rona. Les commerces ferment un à un jusqu’à l’expropriation du siège social qui doit laisser place à l’UQAM au coin de St-Denis et Ste-Catherine. C’est à cette période, en 1976, que le jeune Marc DeSerres prend la relève. Il ne reste plus qu’un seul commerce et quatre employés. Marc DeSerres recentre les activités de l’entreprise et se  spécialise dans les produits des Beaux-Arts. L’entreprise se remet à croître et devient une référence incontournable pour les agences de publicité qui y retrouvent, entre autres, le letraset qui leur permettait de faire du lettrage. La croissance se poursuite jusqu’à l’arrivée des ordinateurs Mac qui rendent le letraset désuet. Du coup, une importante part de la clientèle déserte. Marc DeSerres se réajuste rapidement et s’adapte pour faire de DeSerres un lieu incontournable pour tous les artistes amateurs et professionnels.

La capacité d’adaptation rapide aux changements et la capacité de devancer les besoins du marché ont permis à Marc DeSerres de  faire de son entreprise un endroit jeune et à l’affût des tendances. « Rien n’est acquis, nous dit-il. Il n’y a pas de vaches sacrées et il faut être prêt à tout remettre en question. »