PasswordBox : la startup techno qui a levé 6 millions de dollars

Magaly Charbonneau est l’une des premières investisseures de PasswordBox, la jeune start-up techno de Montréal qui permet aux utilisateurs web de gérer sécuritairement tous leurs mots de passe.

Celle qui est chef des opérations nous reçoit dans ses bureaux de la rue St-Laurent. Une trentaine de programmeurs sont rivés à leur ordinateur, écouteurs sur les oreilles, alors que d’autres poursuivent leurs activités dans un des petits salons fermés.

« Lorsque nous avons emménagé ici, je voulais créer un lieu inspiré de ce que j’avais vu chez Google, nous explique Magaly Charbonneau. Les bons programmeurs sont très recherchés dans le marché, alors c’est important que l’équipe se sente vraiment bien en venant travailler ici», ajoute l’entrepreneure en nous faisant visiter les lieux.

Des partenaires en or

Nommé appli de l’année au CES 2014 de Las Vegas – une première pour une entreprise québécoise – PasswordBox est en pleine croissance. En juin dernier, la start-up qui ne comptait que 4 personnes a entamé une première ronde de financement qui s’est conclu par une levée de 6 millions de dollars provenant principalement d’un fond ontarien, Omers Capital. « Nous avons aussi des investisseurs américains, dont deux sont de hauts dirigeants de Facebook. C’est une façon pour nous de faciliter les rencontres à Silicon Valley », ajoute l’entrepreneure qui s’est jointe à PasswordBox en janvier 2012.

La start-up a conclu une première ronde de financement de 6 millions de dollars.

Il y a à peine deux ans, Daniel Robichaud et Marc-Antoine Ross, les deux cofondateurs de PasswordBox, sont venus lui présenter un plan d’affaires. Magaly, qui a activement participé à la croissance d’autres start-up technos dont Hostopia, voit rapidement le potentiel du projet et se joint à la petite équipe. Une fois le produit développé, le trio s’est rapidement lancé à la recherche de financement en juin 2013.

« C’est toujours difficile de trouver du financement. Daniel et moi avons mis beaucoup d’argent de notre poche. Et quand je cherche des fonds, je veux des investisseurs qui vont nous donner de leur temps, de leur talent et qui vont nous ouvrir leurs réseaux. Tout ça apporte beaucoup de valeur à l’entreprise », poursuit-elle.

Au risque de ressortir un vieux cliché, se choisir un investisseur majeur, c’est un peu comme un mariage. « C’est une game, il faut que tu magasines et que tu sois stratégique dans tes choix d’investisseurs. On réfléchit à ce qu’aura l’air un mariage à long terme avec un tel avant de s’engager. Avec les gens de Omers, ça a cliqué tout de suite », ajoute-t-elle.

Toujours 20 % au-dessus

L’entreprise est ambitieuse. Elle rêve de devenir le Dropbox des mots de passe. Rien de moins. Et pour y arriver, l’entreprise qui compte déjà des millions de téléchargement de son application, doit être en mesure de défier la compétition.

« Quand tu arrives à Silicon Valley, tu es confronté à ce que j’appelle « les grands de ce monde ». Quand je suis en réunion là-bas, je regarde le CV des gens autour de la table et c’est impressionnant. Maîtrise à Harvard, doctorat à Stanford, ex-champion olympique. On est confronté aux tops. Pour nous démarquer, on doit être meilleur que ces gens-là. Pas juste un peu, 20 % au-dessus d’eux », résume l’entrepreneure pour illustrer le défi à surmonter.

Devenir un géant exige énormément de travail et sacrifice. Des semaines de 60 à 80 heures, 7 jours sur 7, des investissements financiers personnels et moins de temps à la maison.

« Même si je n’ai pas l’impression de travailler, j’ai quand même hâte de retrouver un peu d’équilibre et de pouvoir faire tranquillement les devoirs avec mes deux filles », ajoute l’entrepreneure. Mais pas avant de faire de PasswordBox, une réussite.

« Quand tu investis autant de temps et d’argent, c’est pour faire un gros succès », conclu en souriant Magaly Charbonneau qui nous quitte pour un autre rendez-vous.