Jacques Primeau : pour l’intérêt commun

Jacques Primeau a passé sa vie professionnelle dans les antres de la culture. Il est aujourd’hui à la tête du Partenariat du Quartier des spectacles, une organisation qui regroupe plus d’une soixantaine d’entreprises culturelles aux missions aussi variées que divergentes. Portrait de ce leader qui a su consolider une vision commune entre des compétiteurs et faire de ce quartier l’épicentre de l’effervescence artistique montréalaise.  

«Le Quartier des spectacles c’est notre petit Broadway à nous», dit fièrement Jacques Primeau. C’est un haut lieu de référence culturelle où sur un kilomètre carré, on retrouve 28 000 sièges. En 2013 seulement, 40 festivals de tous genres ont attiré 5,7 millions de festivaliers dans ce petit quadrilatère. Le Quartier des spectacles est pour les Montréalais un espace de rencontres avec les différentes disciplines artistiques. Le Partenariat du Quartier des spectacles, quant à lui, c’est ce regroupement d’acteurs économiques et culturels qui gravitent à l’intérieur du périmètre de ce quartier. 

Aujourd’hui, le Partenariat du Quartier des spectacles se porte bien. Pourtant, lors de sa création en 2003, on aurait peu soupçonné que des théâtres rivaux collaborent ou encore que des festivals partagent des installations. Pour comprendre comment Jacques Primeau a su harnacher la communauté culturelle autour d’une vision commune, il faut reculer dans son parcours.

Après avoir quitté la radio CIBL, Jacques Primeau a gravi les plus hautes marches de l’ADISQ. C’est comme président de l’organisme qu’il a donné l’élan au Partenariat du Quartier des spectacles. C’est aussi l’homme fort derrière Rock et Belles Oreilles, collectif avec qui il fait les quatre cents coups depuis 30 ans. À tout ce qu’il touche, un dénominateur commun s’impose : l’art de rallier les troupes. 

Pourtant, Jacques Primeau n’est pas un homme qui se plaît à occuper l’avant-scène. Il le dit lui-même : il est un travailleur de l’ombre. Cela ne l’empêche pas de posséder un fort leadership, reconnu pour faire bouger les choses. «J’essaie de toujours mettre de l’avant ce qui nous unit plutôt que ce qui nous différencie. C’est la seule façon d’avancer que je connais.» Pour y arriver, pas de grands coups d’éclat ; la patience et surtout l’écoute sont de mise. 

«Dans toutes les organisations dans lesquelles j’ai œuvré, comme avec Rock et Belles Oreilles, on fonctionne en consensus. On essaye de limiter les votes au strict minimum en atténuant les différences d’opinions », dit-il. C’est en quelque sorte le triomphe de l’intérêt commun. Jacques Primeau termine en disant : «Ceux qui gagnent sont ceux qui réussissent à rallier les autres.» Comme quoi, l’art de la collaboration est un précieux outil de management. Un outil qui peut donner vie à tout un quartier.