Réinventer l’expérience collective

En 2013, après 7 ans de hauts et de bas, David Parent et son entreprise PixMob font un coup de maitre en illuminant la mi-temps du Superbowl et la cérémonie d’ouverture des Jeux de Sotchi. C’est le début d’une nouvelle ère pour l’entreprise montréalaise. Mais leur histoire a débuté bien avant. Voici le portrait de David Parent, un entrepreneur hors norme, qui a suivi son instinct afin de réinventer nos expériences collectives.

Des débuts hésitants
Depuis toujours, David a un intérêt marqué pour les affaires et l’entreprenariat. Étudiant, il lance le premier club entrepreneur à l’Université Laval et se lance dans de multiples projets avant de lancer une entreprise d’affichage numérique en 2003 (TDS Network). En 2006, il fait une rencontre qui changera le cours de sa carrière : son partenaire et associé en affaires, Vincent Leclerc avec qui il fonde ESKI. Se basant sur une innovation de ce dernier, ils développent une technologie permettant de convertir les foules en écran, en transformant les gens en pixels. La foule peut ainsi briller et scintiller pour créer des effets lumineux spectaculaires. David gère le coté affaires et laisse le volet création à son partenaire. L’entreprise en croissance dans les premières années développe et teste plusieurs technologies, mais connaît une stagnation entre 2009 et 2011. Technologies complexes et coûteuses, clients insatisfaits, David s’appuie sur son flair et reconnaît que c’est le moment de se réorienter.

Ce n’était pas en faisant les choses à moitié qu’on allait avoir du succès. Il faut y consacrer 100% de ses efforts.

Choisir son cheval de bataille
En 2012, suite à des collaborations avec des artistes de renom comme Arcade Fire lors du festival Coachella, l’entreprise semble enfin avoir trouver en PixMob le produit présentant le plus de potentiel et décide d’en faire son unique cheval de bataille. Pourtant, son potentiel était devenu évident dès leur collaboration avec le Cirque du Soleil en 2010. Ce temps perdu a permis d’acquérir de l’expérience précieuse, mais David regrette de ne pas avoir compris plus tôt «que ce n’était pas en faisant les choses à moitié qu’on allait avoir du succès. Il faut y consacrer 100% de ses efforts ».

Cette «erreur de parcours» est sans doute due aux décisions imprévues imposées par un environnement compétitif et exigeant, comme celle d’abandonner tous les autres produits pour se concentrer exclusivement sur PixMob. David est très pragmatique et aime comparer son parcours à sa pratique du kayak: « C’est un sport avec beaucoup d’imprévus […] tu peux te faire brasser la tête en bas mais si tu tiens ta pagaie jusqu’à ce que ça se calme, tu peux revenir à la surface. »

Quel avenir pour PixMob?
Après avoir émerveillé le monde entier en l’espace de quelques mois, il peut paraître difficile de récidiver avec de plus grands succès. L’entrepreneur de 34 ans a les deux pieds sur terre. Pour lui, il faut être à l’écoute des innovateurs et des marginaux et continuer de miser sur l’avenir pour faire évoluer sa technologie. Il s’agit d’exploiter la connexion grandissante entre le produit et le reste de son environnement. Pour rester à l’avant-scène, PixMob garde toujours un œil ouvert et considère éventuellement des acquisitions internationales pour pouvoir se positionner dans d’autres marchés technologiques. Une approche que l’entrepreneur résume ainsi : « l’important n’est pas de savoir, mais de savoir ou chercher».

 

Photo: des ballons lumineux interactifs sont envoyés dans la foule lors du rappel d’Arcade Fire sur la scène de Coachella en 2011. 
Crédit photo: PixMob