L’adage est universel : lorsqu’on n’avance pas, on recule. Ce principe est d’autant plus éprouvé dans le monde des affaires, qui se charge de lui-même de rappeler aux entrepreneurs que l’innovation, et éventuellement la recherche de nouveaux marchés, constituent des piliers importants devant demeurer au cœur de la stratégie d’entreprise. L’avenir des sociétés réside dans leur capacité à se positionner, à agir de façon proactive et à demeurer dynamiques. Mais qui dit nouveauté, développement ou expansion dit aussi prise de risques… Au niveau financier, comment cela se traduit-il? Clarifions.

Plusieurs opérations constituent une prise de risque financier, comme par exemple :

1. Investir dans le cadre du développement de nouveaux produits, de l’ajout de succursale(s) ou de l’ajout d’expertise(s) par la voie de nouvelle(s) embauche(s). Cet investissement peut être réalisé en faisant appel à vos propres ressources financières ou encore par le biais d’endettement. Dans ce dernier cas, la prise de risque est évidemment supérieure puisque vous inscrivez une créance à vos livres.

2. Réaliser l’acquisition d’entreprise(s). Dans ce cas, vous devez suivre toutes les démarches d’évaluation et de vérification vous permettant de prendre un risque mesuré, incluant l’évaluation du bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA), des flux de trésorerie, de l’achalandage commercial (le commercial goodwill), de la capacité de libérer rapidement des liquidités, etc.

3. Dans le cadre de l’ouverture à de nouveaux marchés, notamment à des marchés mondiaux, la prise de risque se cristallise essentiellement dans l’acceptation de faire crédit à des sociétés étrangères. Vous devrez connaître la santé financière, et le sérieux, des clients et partenaires avec lesquels vous ferez affaire.

Quels sont alors les critères d’acceptation de ces risques? Voici quelques points à considérer :

1. Alignement avec la planification stratégique de la société. Votre prise de risques doit s’inscrire dans la lignée de votre stratégie. Votre gestion doit être cohérente et votre prise de risques ne doit pas être antagonique à vos principes de gestion; elle doit bien au contraire les soutenir et les accompagner.

2. Limiter le risque autant que possible. Dans le cadre d’une expansion à l’étranger, par exemple, vous pouvez faire appel aux services d’organismes en mesure de soutenir vos démarches au niveau financier, comme par exemple Développement économique Canada (DEC) et Export développement Canada (EDC), qu’ils soient suscités seuls ou en partenariat avec des banques commerciales. Il s’agit également de « faire ses devoirs » de prise et de vérification de renseignements relatifs aux marchés et aux régions du monde avec lesquels vous allez transiger, ou au sein desquelles vous allez éventuellement vous établir. À cet égard, le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) ainsi que le Service de délégués commerciaux du ministère des Affaires étrangères et Commerce international (MAECI) peuvent vous être d’un grand secours. De façon générale, vous pouvez également vous pourvoir de services d’affacturage (prise en charge du recouvrement des créances par un affactureur).

Fiez-vous à ce que vous dit votre petit doigt.

3. Compter sur votre intuition. Une fois que vous aurez tout fait pour limiter les risques, fiez-vous à ce que vous dit votre petit doigt; par exemple, une rencontre en face à face avec un acteur important de l’avenue sur laquelle vous vous engagez pourra vous révéler rapidement si vous vous sentez à l’aise d’aller plus loin, au même titre que les premières trente secondes d’une entrevue d’embauche sont déterminantes et en disent long.

Il va de soi que la toute première question que vous devez vous poser lorsque vous envisagez de prendre un risque financier est la suivante : « Quoi qu’il résulte, mon entreprise pourra-t-elle survivre à cette prise de risque? » Si la réponse est « Oui », évaluez, mesurez… et lancez-vous!

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