Avant de lancer une entreprise, il est important de vérifier le potentiel du secteur dans lequel nous voulons le faire. Mais comment savoir si un secteur est porteur ou non?

Avec mes collègues, nous évaluons constamment l’état et le potentiel des principaux secteurs de l’économie. Cela nous permet d’avoir le pouls d’un secteur et d’en évaluer le potentiel.

En tant qu’entrepreneur vous devez construire votre opportunité d’affaires dans le secteur que vous choisirez. Vous devez le faire en fonction de vos ressources, de vos compétences et de votre créativité. Vous devez aussi tenir compte de l’environnement dans lequel vous évoluez, c’est-à-dire vos contacts, le besoin que vous avez identifié, ainsi que l’offre et la demande du marché.

Même dans des secteurs en apparence moins porteurs ou qui connaissent des difficultés, il y a toujours des entrepreneurs et des entreprises qui tirent leur épingle du jeu.

S’il est impossible de dresser un top 5 des secteurs les plus prometteurs, notre analyse vous permettra tout de même d’en apprendre davantage sur les secteurs qui vous intéressent.

Trois données à surveiller pour vous aider
Pour dresser un portrait juste d’un secteur, nous utilisons principalement trois mesures, qui ont démontré leur utilité. Voici ces trois mesures et un aperçu de ce qu’elles nous apprennent aujourd’hui :

1. Le capital de risque 
Si un secteur attire le capital de risque (CR), c’est parce que le potentiel de croissance compense le peu de garanties qu’on obtient en y investissant. L’analyse du CR nous permet de dégager les tendances prévalentes et, conséquemment, de déceler des secteurs porteurs.

Par exemple, pour l’année 2013, près du tiers (30 %) de tous les investissements canadiens en CR ont été effectués au Québec. Au total, ces investissements au Québec ont atteint 588 millions $ répartis dans 151 compagnies; presque une fois et demi (+ 46 %) le montant total investi en 2012.

La croissance du CR canadien est surtout attribuable aux secteurs des technologies de l’information (TI) (1,1 milliards de dollars d’investissement, soit plus de la moitié des 2 milliards $ de CR investis au Canada en 2013).

L’activité de financement a néanmoins privilégié d’autres secteurs au Québec. Alors que le secteur des TI récoltait 114 millions $ de financement (baisse de 18 % par rapport au financement de 2012), le secteur des énergies de remplacement et des technologies propres s’accaparait 200 millions $ (une augmentation fulgurante de 733 % relativement aux 24 millions $ récoltés en 2012). Les secteurs non technologiques ont représenté 36 % du financement par CR au Québec en 2013 (208 millions $) alors que les sciences de la vie et les biopharmaceutiques ne récoltaient que 67 millions $ (une baisse de 46 % par rapport à 2012).

2. L’investissement
Les données sur les dépenses en immobilisations fournissent des indications utiles quant à l’état du marché dans l’économie en général et dans ses divers secteurs. L’importance relative des immobilisations projetées permet aussi de savoir ce que prévoient les dirigeants d’entreprise en ce qui concerne la demande future. Si on prévoit de plus fortes immobilisations dans un secteur, nous en concluons que celui-ci est plus porteur.

Ainsi, en 2014, plusieurs secteurs au Québec devraient connaître une hausse importante des investissements en immobilisation, soit les services professionnels, scientifiques et techniques (+ 28 % par rapport à 2013), le transport et l’entreposage (+ 22 %), la gestion de sociétés et d’entreprises (+ 8,2 %) et les finances et l’assurance (+ 5,9 %).

Par ailleurs, même si les perspectives ne sont pas aussi importantes pour le secteur de la fabrication (+ 4,1 %), certains sous-secteurs de la fabrication devraient se distinguer, soit la fabrication machines (+ 18  %), de produits informatiques et électroniques (+ 17 %) et d’aliments (+ 14 %).

Plus la croissance du PIB est forte dans une industrie, meilleur est le potentiel de ce secteur.

3. La performance économique passée et future
Cette performance se mesure à l’aide du PIB, le produit intérieur brut. Il s’agit en fait d’une mesure de création de la richesse qui permet notamment de déterminer la contribution à l’économie d’un secteur en particulier. En d’autres mots, plus la croissance du PIB est forte dans une industrie, meilleur est le potentiel de ce secteur.

La performance passée : Du deuxième trimestre de 2009 au même trimestre de 2013, en terme de croissance du PIB réel, les industries les plus performantes ont été les mines (+ 4,3 % par année, en moyenne), les produits du bois (+ 3,8 %), la première transformation du bois (+ 3,4 %), la fabrication de machines (+ 2,8 %) et les produits informatiques et électroniques (+ 2,5 %).

La performance future : Si on regarde du côté des perspectives de croissance du PIB réel pour les prochaines années, le Conference Board du Canada prévoit que le secteur manufacturier connaîtra une forte  augmentation d’ici 2015 (+ 6 % entre 2013 et 2015). Les autres secteurs porteurs, durant la même période, devraient être les services commerciaux (+ 4 %), les ventes de gros et de détail (+ 4 %), les activités d’exploitation forestière (+ 13 %) et l’industrie minière et de l’extraction de gaz et de pétrole (+ 17 %).

D’autres secteurs devraient aussi se distinguer au cours des prochaines années, comme les transports et l’entreposage, le secteur aérospatial, les pâtes et papier et le secteur en lien avec la bio masse et la bioénergie.