CROISSANCE = RISQUE ACCRU 

Si la croissance d’une entreprise signifie nouveaux horizons d’affaires, elle est également synonyme d’augmentation du risque. Qu’elle vise la conquête de nouveaux marchés ou le lancement d’un nouveau produit, la croissance génère changements et nouvelles préoccupations : notre entreprise pourra-t-elle technologiquement répondre à une nouvelle demande? Dispose-t-on des ressources suffisantes et adéquates (production, équipe de gestion, etc.) pour absorber des commandes accrues et le passage de l’entreprise à une étape supérieure? L’évolution du marché, hors de notre contrôle, nous sera-t-elle favorable?

Dans ce contexte, les entrepreneurs doivent composer avec la pression accrue qui leur est imposée… et c’est sans compter sur la relation avec les investisseurs/financeurs qui ont cru en eux et sont maintenant parties prenantes au projet de croissance.

L’IDÉAL…ET LA RÉALITÉ

Pour tout investisseur, la nouvelle la plus rassurante à recevoir du dirigeant dont il finance l’entreprise est, bien sûr, celle de résultats financiers en ligne avec le plan d’affaires initial auquel il a cru! Il est toutefois fréquent que la réalité s’éloigne de ce modèle idéal, et ce, pour de multiples raisons (réponse du marché plus tardive, retard technique, etc.). C’est alors qu’il est crucial pour les entrepreneurs de parvenir à rassurer les investisseurs/financeurs qui ont placé leurs intérêts, et leur confiance, en eux. Voici quelques principes à ne pas perdre de vue.

1. AGIR AVEC TRANSPARENCE

La situation de l’entreprise doit être présentée avec la plus grande honnêteté possible.

 

Que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, la situation de l’entreprise doit être présentée avec la plus grande honnêteté possible; cette information (chiffres, données, etc.) doit être expliquée objectivement; les écarts avec les prévisions financières et le plan d’affaires initiaux doivent être analysés et présentés à l’investisseur, de même que les changements d’orientation ou les ajustements que l’entrepreneur souhaite apporter pour réagir. L’information doit aussi être transmise sur une base régulière, sans toutefois devenir envahissante : entre info et intox, il s’agit de trouver le bon dosage. À tort ou à raison, l’investisseur pourrait aussi s’inquiéter d’une surabondance d’information.

2. GARDER EN TÊTE QU’IL S’AGIT D’UN PARTENARIAT…

… et non seulement de la contribution passive d’un investisseur/financeur. C’est véritablement un climat de collaboration qui doit s’établir dès le départ et qui doit être maintenu entre le dirigeant d’entreprise et son partenaire financier. Cela signifie donc que l’entrepreneur doit aussi prêter une oreille attentive aux conseils que l’investisseur pourra lui dispenser, les analyser et évaluer la façon de les intégrer à sa parfaite connaissance de son secteur et de son marché. Chacun disposant d’un point de vue propre de la situation, cette vision plurielle pourra venir soulager la prise de décisions et réduire la pression éventuellement ressentie, tout en favorisant l’équilibre entre audace et raison.

3. CONSERVER SA DÉTERMINATION ET SA MOTIVATION

Enfin, un autre gage essentiel du maintien de la confiance des investisseurs/financeurs est la solidité de la détermination de l’entrepreneur, sa résistance aux épreuves et sa capacité à conserver la motivation de ceux qui l’entourent, à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise, investisseur compris. Le pouvoir de conviction de l’entrepreneur n’est pas utile uniquement lors de la conclusion d’un investissement, il l’est tout au long du projet financé.

La confiance des investisseurs, cruciale à conserver, est finalement un élément bien intangible… Elle s’enracine toutefois dans une démarche concrète et constitue un des piliers de la santé actuelle et future de l’entreprise.