Aux États-Unis, le « Love Money » permet de démarrer de nouvelles entreprises grâce à l’aide financière de membres de la famille ou d’amis qui, par affection pour le futur entrepreneur et son projet d’affaires, acceptent de lui prêter une somme d’argent que les institutions financières lui ont refusée. Comment bien gérer le « Love Money » ? Voici quelques conseils.

La difficulté du financement

Pour une entreprise en démarrage par exemple, la recherche de financement représente l’un des plus importants obstacles à surmonter. Il constitue d’ailleurs l’occasion pour les entrepreneurs de vérifier s’ils ont bien fait leurs devoirs : plan d’affaires, étude de marché, évaluation des coûts, projection des revenus, etc., tout doit être prêt à être présenté. À qui? Aux institutions bancaires souvent, mais pas seulement. Si les banques ne sont pas prêteuses, alors certains entrepreneurs pourront choisir des avenues de financement moins fréquentées. Parmi celles-ci, on compte notamment le « Love Money », ou le « capital de risque convivial » en bon français. Mais qu’en est-il exactement?

Définition de « Love Money »

En termes simples, le capital de risque convivial (« Love Money ») représente les fonds investis par des amis et/ou de la famille. Ces derniers font alors partie des « investisseurs informels » (particuliers investissant leurs fonds personnels dans des entreprises appartenant à d’autres), et parmi lesquels on retrouve également les « investisseurs providentiels » (plus connus sous l’appellation anglaise « Angel investors »), qui eux investissent leurs fonds dans des entreprises appartenant à des propriétaires/exploitants non apparentés.

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Envisagez le pire et espérez le meilleur.

1. Considérez cet investissement avec le même sérieux que s’il provenait d’un investisseur traditionnel. Préparez votre plan d’affaires dans la même optique que si vous alliez présenter votre demande de financement à une institution bancaire. Ce document inclut toutes les données stratégiques relatives à votre entreprise et constitue un excellent indicateur de sa viabilité. En conséquence, si vous acceptez un investissement de capital de risque convivial, votre budget devra prévoir par exemple le remboursement du prêt, et ses termes doivent être précisément définis.

2. Jouez de transparence et communiquez clairement vos intentions à votre investisseur. Posez-lui les questions clés relatives à sa participation, comme par exemple : Est-il conscient du fait que tout investissement dans une entreprise, particulièrement en démarrage, comporte une marge de risque? Ultimement, est-il prêt à perdre cet investissement si, selon un scénario pessimiste, l’entreprise ne produisait pas les résultats financiers escomptés? Même s’il est convaincu de l’originalité, de la qualité et de la solidité de votre future exploitation, est-il conscient du fait qu’une bonne idée ne garantit pas une entreprise profitable?

3. Définissez clairement la nature de la participation de votre investisseur : Agira-il à titre de partenaire financier, d’associé tacite, de partenaire actif? Si cette précision  n’est pas apportée, vous pourriez, par exemple, faire face aux frustrations de voir un investisseur qui se voulait uniquement partenaire financier tenter de prendre la direction de l’entreprise! Faites en sorte qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur ce point dès le départ.

4. Envisagez le pire et espérez le meilleur, en vous posant quelques questions clés : Que se passera-t-il si les relations que vous entretenez avec votre investisseur se détériorent? Si vous ne pouvez rembourser le prêt qui vous a été consenti, votre investisseur en sera-t-il lourdement affecté?

Signez une entente claire et bien définie 

Si des membres de votre famille et/ou vos amis se sentent prêts à investir dans votre entreprise, c’est qu’ils font autant confiance à l’idée-source de votre future exploitation qu’en vos capacités de gestionnaire. Soyez digne de cette confiance en accordant attention et sérieux à l’investissement qu’ils vous consentent.