C’est un fait de multiples fois avéré : les entrepreneurs partagent certains traits de caractère qui, précisément, les poussent dans leur volonté de bâtir une entreprise. Ils ont un besoin de réalisation, une envie de construire quelque chose. Ils sont bien souvent pragmatiques, persévérants, intuitifs, tantôt imprévisibles et mercuriens, tantôt ingénieux et opportunistes. Pour eux, la recherche de bénéfice n’est pas nécessairement prioritaire, même si elle constitue sans équivoque une motivation d’importance.

Lorsqu’arrive le moment de passer le flambeau et de prendre leur retraite de l’entreprise, qu’est-ce que les entrepreneurs doivent se préparer à laisser « derrière eux »? Si tant est, bien entendu, qu’ils aient déjà envisagé la question…

PLANIFIER LA RELÈVE

C’est comme faire son testament : c’est une démarche qu’on repousse le plus longtemps possible même si l’on est parfaitement conscient de son importance (notamment dans le cas où d’importants actifs sont en jeu). Nombre de propriétaires d’entreprises se trouvent aux prises avec cette question cruciale : à qui vont-ils passer le flambeau? Pour certains, la décision est plus simple que pour d’autres : les enfants ont montré leur intérêt pour l’entreprise et s’y sont même directement investis; c’est donc à eux qu’elle sera confiée. Pour d’autres, il n’y a qu’une seule issue : il faut vendre. Et ce n’est pas toujours simple. Au Québec, la difficulté est d’autant plus exacerbée par le fait que le marché est restreint et présente certaines barrières telles que la langue, la localisation de l’entreprise dans des régions éloignées ou difficilement accessibles, etc. Le fait que l’entrepreneur ne se soit pas entouré d’une équipe de direction suffisamment solide ou que l’entreprise repose principalement sur les qualités personnelles de son dirigeant peut rendre la vente plus complexe. Lorsque les entrepreneurs sont prêts à céder leur entreprise, ils doivent prendre en compte ces différents facteurs.

Céder son entreprise est un acte qui comporte une certaine charge émotionnelle.

Bien entendu, pour l’entrepreneur ayant bâti son entreprise à la force de sa volonté, de son ingéniosité et de son opiniâtreté, céder son entreprise est un acte qui comporte une certaine charge émotionnelle. En général, lorsque les propriétaires d’entreprise arrivent au point où ils sont prêts à céder leur entreprise, ils apprécient plus tangiblement tous les éléments, outre ceux financiers, qui y sont rattachés. Par exemple, l’entrepreneur dont l’entreprise est un employeur dominant dans une région éloignée ou un village pourrait privilégier le maintien des emplois dans sa localité plutôt que de vendre à un acheteur étranger, prêt à payer un prix élevé mais ayant l’intention de délocaliser en partie ou en totalité les emplois. Il arrive donc que la volonté d’assurer la pérennité de l’entreprise passe au rang des priorités, et le gain financier tiré par exemple de la vente peut se trouver recalé à une position de moindre importance.

CHOISIR LE MOMENT OPPORTUN

Une entreprise n’a pas de valeur absolue : celle-ci varie en fonction de nombreux facteurs incluant le marché, la concurrence, la diversification des clients et fournisseurs, la santé du bilan de la société, la présence d’acheteurs stratégiques, la valeur des actifs tangibles et intangibles, etc. Un processus préalable à la vente doit être établi afin d’identifier les besoins et les objectifs de l’entrepreneur, et développer la meilleure stratégie à adopter afin de réaliser une transaction qui réponde à ses objectifs et de mener celle-ci à terme. Le moment de la mise en vente constitue un facteur crucial afin de permettre à l’entrepreneur de réaliser ses objectifs.